‹ Bourdaloué: Histoire critique de sa prédication d'après les notes de ses auditeurs et les témoignages contemporainsChapitre 202 sur 475 · LA GENÈSE DE LA LÉGENDE · texte numérisé non relu

LA GENÈSE DE LA LÉGENDE

le P. Chérot a discuté l’an passé les origines de la «légende des yeux fermés, » il eût rencontré là quelques témoignages autrement précis que la fin de non-recevoir à laquelle il fait allusion. Nous sommes heureux de saluer en lui un auxiliaire convaincu, s'étant fait, et avec toute la réserve à laquelle conduit une discussion raisonnée, la conviction que lhypothèse des yeux fermés «est une légende. » De celte affirmation, je crois la démonstration faite, sinon par le P. Lauras dont plus d’un argument est inefficace, sinon encore dans le chapitre que M. l’abbé Pauthe a consacré à celte question, au moins depuis que, pièces en main, l’auteur de l’/conographie a expliqué la genèse du portrait et de la tradition qui l’a suivi.

Ainsi à côté des Quercelles littéraires de l'abbé Irailh que le P. Chérot signalait comme le premier document saisissable, marquant la date de naissance de la légende, il faut placer les Dialogues de Fénelon, où du moins leurs commentaires. Historiquement 1l faudrait retrouver le premier témoignage donnant cette «clef» au second dialogue et lappliquant à Bourdaloue. Il serait curieux de voir si quelqu'un des commentaires signés nommant ici Bourdaloue est par hasard antérieur au portrait de Jouvenet. La parole de labbé Fleury que j'ai citée d’après le manuscrit de Bottu de Saint-Fonds, m'a semblé à signaler dans son rapport possible avec le passage des Dialogues, à condition cependant de n’en être pas le pur écho. Encore faut-il noter qu’elle ne dit rien des yeux fermés, et ce silence est, ce semble, des plus significatifs. Il est bien étrange que, seul de ses contemporains, Fénelon ait remarqué et signalé cette particularité si notable et que même dans ce témoignage de Fleury, où plus que partout ailleurs on aurait droit de l’attendre d’après le sujet traité, il n’en soit aucunement fait mention.

Ce serait certainement pour nous mettre fortement en défiance. Aussi avons-nous le droit de regarder de près ce que valent les conclusions et les arguments de tous les

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