LE PROBLÈME PRÉALABLE
critiques qui ont reconnu Bourdaloue dans le passage des Dialoques sur l’Eloquence de la chaire, auquel s’est adapté le « portrait de Jouvenet », popularisé par l’édition Bretonneau. Sans discuter ici la genèse de cette application, il faut se demander, en oubliant le portrait «tré sur le visage du mort », et d’après le texte seul des Dialoques « si c’est de lui que parlent les dialogues !. » M. l'abbé Berthucat a fort bien fait de poser nettement cette question, Avant même d'examiner si l’on peut se fier au témoignage de Fénelon.
C’est un problème préalable que bien des critiques ont supposé résolu, préoccupés uniquement de justifier ou de . réfuter Fénelon. Ceux mêmes qui l'ont discuté ont été parfois satisfaits par des conjectures bien incertaines. Ainsi, M. Profillet, tout en avouant, par une formule trop indulgente, que le passage renferme «des réserves sévères», ajoute: CI est trois traits principaux auxquels on ne peut méconnaître Bourdaloue. 1° Des raisonnements qui demandent de la contention d’esprit ; 2° Beaucoup de force; 30 Des portraits fidèles ?. » Puis, comme raison démonstrative , il cite des passages des lettres de M"° de Sévigné, dans lesquelles ces «caractéristiques » de Bourdaloue serait confirmées. Ce serait surtout le trait des yeux fermés qu'il faudrait rencontrer dans M" de Sévigné, ou tout au moins dans une de ces gazeltes Jansénistes que nous avons déjà citées. Comment ces Nouvelles ecclésiastiques, souvent contraintes à regrel d'enregistrer les succès de Bourdaloue, ne se sont-elles pas dédommagées par cette courte et insinuante réserve : « Il est fâcheux que cet orateur soit contraint par sa mémoire de fermer les yeux? » Il doit donc y avoir à cette absence de tout témoignage ancien corroborant celui de Fénelon, quelque raison excellente. Je ne
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