‹ Bourdaloué: Histoire critique de sa prédication d'après les notes de ses auditeurs et les témoignages contemporainsChapitre 208 sur 475 · SECOND STADE; LE TEXTE D IRAILH · texte numérisé non relu

SECOND STADE; LE TEXTE D IRAILH

c’est lui; et d’autre part, si c’est bien lui que le portrait dépeint, comment ses auditeurs l’ont-ils goûté? Comment aucun des écrivains de son temps n’a-t-1l songé à noter ce bizarre travers ? Il est bien étonnant qu’on ait songé à dire de la peinture de Fénelon : c’est Bourdaloue qu'il décrit de la sorte, ou du moins qu'on y ait songé si tard. Suivons du moins la genèse de ces commentaires ajoutés par mode de clef au passage de Fénelon qui est à l’origine de cette opinion, avec les raisons données par chacun des critiques.

2° Le premier anecdotier qui semble se référer, très inexactement du reste, au détail attribué à Bourdaloue des Draloques de Fénelon, est de nouveau l’auteur déjà cité! des Querelles littéraires, l'abbé Irailh. Il écrivait, en 1708 dans son chapitre sur la Déclamation de la Chaire :

Bourdaloue, avec un air concentré en lui-même, faisant très peu de gestes, les yeux le plus souvent fermés, pénétrait tout le monde par un son de voix uniforme et terrible 2,

Ce dernier détail, à rattacher peut-être aux mots qui suivent Sur un orateur sacré prononçant le Tu es ille vir, doit avoir été pris à La Beaumelle ou à une source analogue. Pour l'attitude de lorateur, Irailh l'aura sans doute empruntée à la légende courante tirée de la vue du portrait plutôt qu'aux Dialoques sur l'Éloquence qui parlent de gestes excessifs et d'un mouvement continuel des bras. S'il ne faut donc point voir ici un écho des Dialogues”, c’est du moins une étape de la tradition écrite sur l’identification avec Bourdaloue d’un orateur aux yeux fermés.

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