‹ Bourdaloué: Histoire critique de sa prédication d'après les notes de ses auditeurs et les témoignages contemporainsChapitre 217 sur 475 · OPINION DE D. NISARD · texte numérisé non relu

OPINION DE D. NISARD

le voir, assis dans sa chaire, les yeux fermés, tête à tête, en quelque sorte, avec son vaste auditoire, et dialoguant, à la manière de Socrate, avec cette foule qui n'est plus pour lui qu’une seule âme pécheresse.…

Avant Sacy, D. Nisard dans son quatrième volume de l'Histoire de la littérature française, paru en 1861, avait, sur la question de l’action de Bourdaloue, pris un moyen terme

On avait peur, dit-il, d’être aperçu de cet œil pénétrant qui regardait entre ses paupières à demi fermées 1.

Est-ce l'influence des portraits aux yeux demi-clos qui présentent l’orateur à demi éveillé, pour exprimer, pensentils, l'éloquence recueillie, ou une préparation méditée dont ce n’est plus l'heure. En tous cas, c’est une infidélité au texte original de la légende, où il n’est question que des yeux fermés ; il est vrai que Nisard n’aimait pas Fénelon. De toute façon, la légende n’est pas absente de cette manière de présenter les faits, et pour éluder la question, on ne l’éclaircit pas.

Elader, n'est-ce pas encore ce qu'avait fait Sainte-Beuve dans ses articles de l’année 1852? Celui du 19 décembre laisse la question incertaine à la faveur d'un rapprochement avec Massillon :

On a dit qu'il baissait volontiers les yeux en parlant, et qu'il s’interdisait cette éloquence du regard que Massillon s’accordait quelquefois : cela est possible ; mais dans tous les cas cette forme de débit n’était qu'une convenance de plus, une manière de pousser plus avant et comme tout droit devant lui, dans sa démonstration inflexible et sévère 2, ...

On voit que Feugère avait des précurseurs pour expliquer par des raisons de convenance, ce dont la réalité était surtout à meltre en question. Une occasion aurait obligé Sainte-Beuve à prendre parti, qu'il insinue à la fin de son article du 26 décembre, mais qui n’est Jamais venue :

1, Nisard, t. 1v, 13e éd., p. 478.

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