CONJECTURES SUR LE PREMIER SERMON
peut se Pimaginer », comme écrivait son fils !, n'avait pu comme son père, ni comme son rival Colbert, appeler à son lit de mort son ancien précepteur Bourdaloue. La lettre immortelle de M® de Sévigné sur la mort foudroyante du 16 juillet eût pu servir d’argument au prédicateur, s’il avait voulu montrer « la nécessité d’être prêts toujours au second avènement du Fils de Dieu. »
Nous avons vu, à propos de l’avent de 1686, que M. l’abbé Pauthe, après le P. Lauras, assigne à l’année 1691, sans raisons concluantes, le sermon sur la Sainteté qui ouvre le second avent. Il m’a paru plus vraisemblable d’assigner au passage qui regarde la révocation de l’édit de Nantes une date plus voisine de cette mesure ?.
Notons toutefois, sauf les cas toujours possibles et de répétitions et surtout de fusion de plusieurs compliments en un seul, qu'un détail inviterait à reculer, parmi les avents postérieurs à 1685, le plus tard dans la carrière oratoire de Bourdaloue. Or nous verrons que le premier sermon de l’avent de 1697 est identifié. Il faudrait donc descendre, non seulement à l’année 1691, mais même à 1693, si nous ne pouvions expliquer que par là les mots soulignés à bon droit par le.P. Lauras:
Voilà, Sire, ce que Dieu vous dit par ma bouche, & ce qu'il vous a dit depuis tant d’années que J'ai l'honneur de vous annoncer sa sainte parole ÿ.
Mais cette phrase ne peut même s'opposer à l'attribution du discours à l’année 1686, car dès lors, après le laps de temps écoulé depuis 1670, c’est-à-dire quinze ans, long espace, suivant le mot usé de Tacite, Bourdaloue, qui donnait son troisième avent et avait prêché cinq carêmes, pouvait déjà parler ainsi.
1. Barbezieux à Tessé, 21 juillet 1661. /listoire de Louvois, par Camille Rousset, 4e édition, 1872, t. 1v, p. 498.
2, V. plus haut, p. 495.
SARA NDE 320.