‹ Bourdaloué: Histoire critique de sa prédication d'après les notes de ses auditeurs et les témoignages contemporainsChapitre 225 sur 475 · SERMON POUR LA FÊTE DE LA CONCEPTION · texte numérisé non relu

SERMON POUR LA FÊTE DE LA CONCEPTION

2 décembre, 1° dimanche de l’avent. — De Paris, le 8 décembre 1697.

Le 2 de ce mois, premier dimanche de l’Advent, le Roy entendit dans la Chapelle du Chasteau de Versailles, la Prédication du Pere Bourdaloüe, Jésüite. (Gazette de France du 8 décembre 1691, p. 704.)

Dimanche 2, à Versailles. Le roi entendit le sermon du P. Bourdaloue qui prêchera tout l'Avent. (Dangeau, ibid., t. ur, p. 427.)

Samedi 8 décembre. — De Paris, le 15 décembre 1691.

Le 8 de ce mois, feste de la Conception, le Roy accompagné de Monseigneur le Dauphin, de Monsieur et de Madame, entendit dans la Chapelle du Chasteau de Versailles, le sermon du Pere Bourdaloïüe Jesüite, et Vespres chantées par la musique. (Gazette de France du 15 décembre 1691, p:-710.)

Ce sermon du 8 fit tomber sans doute le sermon du lendemain. En tout cas il mérite de nous arrêter quelque temps. Le manuscrit des Nouvelles ecclésiastiques déjà cité à propos de la mission de Montpellier et du carême de 1688 à Saint-Eustache ! nous offre ce détail qu'avait déjà relevé sans doute le P. Le Lasseur :

À propos de prédication on dit que le père Bourdaloue Jesuite, comme les Gazettes ne l’omettent Jamais, s’est déchaîné pendant son aduent à Versailles d’une étrange maniere contre feu M. l'Eueque de Tournay de tres illustre mémoire touchant le traité qu'il a fait de la fausse et véritable dévotion à la sainte Vierge. Je suis seur que ce Jesuite l’auroit loué de son vluant, mais c'est leur coutume d'attaquer et auteurs et ouvrages quand les premiers sont morts, et que les autres vivent dans la gloire dont ils sont jaloux. M. de Rheims fut fort scandalisé du sermon de sa reuerence le jour de la Conception, Ce prédicateur qui autrefois cherchoit l'honneur du désinteressement veut retenir dans sa société un crédit qui lui échape par où il se l’est attiré en preschant. On en peut dire, comme les Vénitiens le disent d’eux-mesmes qu'ils sont premièrement Vénitiens, puis chrétiens : primum quod animale Le Pere Bourdaloue ayme mieux être bon Jesuite que predicateur sans partialité 2,

1. N. a. fr. 1739, intitulé Nouvelles ecclésiastiques, février 1692.

2. Nous rencontrons à foison les appréciations du même genre dans les nouvelles à la main qui furent le commencement du recueil imprimé au XVI siècle sous le nom de Nouvelles ecclésiastiques. Cf. plus haut, P. 410, note f. On trouvera d'autres Spécimens notamment une réflexion d'Arnauld dans un mémoire à apporter aux environs de 1676. V. notes du livre 1v, note j,

SERMON CONTRE LES MONITA SALUTARIA 771

Il est question ici, non seulement de l’avent en général, mais suivant une conjecture plausible, du sermon sur la Conception. C’est à cette fête, en effet, que nous verrons Bourdaloue reprendre le même thème durant son avent de Saint-Paul, en 1692. Il y faut reconnaître le sermon sur la Dévotion à la sainte Vierge, que l'édition a gardé, mais qui provient d’une adaptation du même sujet au sermon de l’Assomption.

Le P. Lauras avait placé en 167/ ce sermon du 15 août !, mais ses raisons ne m'ont pas paru démonstratives et comme le sujet de ce sermon (réfutation du livre des Monita salutaria), avait à l’année 1691 et à la suivante une date historiquement contestée, il a semblé bon d'en différer la discussion jusqu’à cette époque certaine.

Je n’ai pas à faire l’histoire de ce livre des Avis salutaires ?: le P. Lauras l’a résumée et elle a été écrite dans la belle monographie intitulée : Æistoire de l'église collégiale et du chapitre de Saint-Pierre de Lille, par Mgr Hautcœur *.

2. L'auteur était un juriste de Cologne, Windenfeldt. V. Lauras, t. II, p. 478.

3. T. 1, pp. 144-147. Les Monita regardent l’histoire du chapitre de Lille, parce que, outre le mandement de l'évêque de Tournai, ils avaient les approbations très formelles de deux membres de ce chapitre de Saint-Pierre, du doyen de Saint-Pierre, Philippe Van Campenhout, et du théologal, Jacques Boudart. Ces deux pièces sont antérieures à la lettre pastorale de Gilbert de Choiseul qui s'y réfère ; elles sont datées du 7 mars 1674. L'inspiration janséniste que Bourdaloue combat dans l’opuscule auquel il consacra son sermon de la dévotion à la sainte Vierge, ne pouvait être démentie par l'appui que prêtait l'évêque de Tournai : « Il (le jansénisme) écrit Mer Hautcœur, se produisit sous la forme d'un rigorisme outré, qui rebutait les fidèles et les éloignait des sacrements. Il apparut enfin dans la guerre faite aux dévotions populaires et même au culte de l'auguste mère de Dieu. Sous prétexte d'abus que l'esprit de secte exagérait à plaisir, on s'attaquait à l'essence même de ces dévotions. Tel est le caractère d’un petit livre qui fit beaucoup de bruit dans nos contrées. fl s'y présentait sous le patronage d'un prélat plein de zèle et de belles qualités, mais trop lié avec les jansénistes et trop engagé dans leur parti.» Cependant, ni l’un ni l’autre des théologiens qui signèrent l'approbation du 7 mars, « n’est en aucune façon suspecté... sur le fait du jansénisme. » Ibid., p. 146.

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