LES ALLUSIONS À LA GUERRE ( EUROPÉENNE
c’est en 1676, le 22 juin, que fut condamnée une défense du livre !,
Si donc les expressions de Bretonneau, sur le soulèvement que provoqua le libelle et les condamnations qui le frappèrent, doivent être entendues d'évènements antérieurs au sermon de Bourdaloue, il faut reculer son intervention en chaire jusqu'aux années 1689 et suivantes.
En effet, si Bourdaloue ne parla qu'après le décret de l’/ndex de 1678, nous devons exclure du coup une série assez considérable d'années durant lesquelles ne pourrait se placer la prière finale citée plus haut. « Éteignez le feu d’une guerre allumée dans toute l’Europe, et qui divise. les princes chrétiens. » La paix de Nimègue conclue en avril 1678, élimine en effet la fête de l’Assomption de cette année-là, et ce ne sont ni la guerre d’Espagne (1683-1684) ni les bombardements d'Alger, de Tripoli et de Gênes qui peuvent être désignés par cette allusion ; à plus forte raison cette conclusion du sermon fera-t-elle écarter résolument les années de paix de 1678 à 1683.
Restent donc comme dates possibles à ce sermon de l’Assomption les années 1074 à 1677 ?, que rien n'exclut
1. Elle avait pour titre: Monila salularia B. V. Mariæ vindicata per nolas salulares ad libellum intitulatum : Cultus B. V. Mariæ vindicalus p. Hieryonimi Henneguier et similes Scriplores, authore quodam Regulari, orthodoxi cultus beatissimæ virginis Mariæ celatore. Cui accedit Appendix contra defensionem B. Virginis Mariæ Ludovisii Bona.
2. Siles expressions de la préface de Bretonneau n'amènent pas à conclure que le sermon suivit la série des condamnations portées contre le libelle et les oppositions qu'il rencontra dans les différentes nations catholiques, Italie, Espagne, etc., on peut admettre que ce sermon de l’Assomption fut prêché le 15 août, en 1674 ou 1675, 1676 ou 1677. Les quatre dates sont possibles, bien que les occupations de Bourdaloue en dehors des Stations signalées par la Liste des Prédicateurs, soient inconnues ou à peu près. Il faut noter seulement qu'en 1674 Bourdaloue ne put satisfaire au désir de Milk de la Vallière qui, au défaut de Bossuet empêché, voulait lui confier le sermon de sa prise d’habit (2 juin), dont Fromentières fut chargé. Une prise d'habit prèchée le 18 juillet 1676 à Montmartre, une autre au mois de juin 1679, aux Carmélites de la rue du Bouloi, seraient presque des raisons de suspecter un sermon du 15 août, quand on se rappelle combien Bourdaloue semble attentif à ne point trop rapprocher les sermons de circonstance et à se ménager de longues préparations: