LETTRE CITÉE PAR GILBERT DE CHOISEUL
absolument, puis les années 1689 à 1697 pendant lesquelles la guerre de la ligue d’Augsbourg (24 septembre 1688, manifeste contre l’empire) vérifie du reste les paroles de Bourdaloue mieux que la guerre contre la Hollande.
Mais à cause même du document manuscrit qui nous représente l’évêque de Tournai, mort depuis le 31 décembre 1689, mis en cause par Bourdaloue, il est bon d’attirer l’attention sur la lettre d’un nouveau converti, écrite, d’après Gilbert de Choiseul, au traducteur de la version imprimée à lalle en 1674 {dom Gerberon, selon toute apparence), lettre à laquelle l’évêque de Tournai donna place dans son Mandement du { juin de la même année.
Lisez, s'il vous plaît, écrivait-il, la lettre qu’un homme de condition, d'un mérite extraordinaire & très estimé à la Cour, écrivit au traducteur devant qu’il eût fait imprimer cet écrit. Elle me fut communiquée, & comme je connois et estime fort celui qui l'avoit écrite, qu'il a été longtemps de la prétendue religion reformée, qu'il en est sorti après s'être éclairci à fond par son étude propre & s’être lui-même détrompé avec le secours de la grace, & que je sçai que les fautes qui se commettent parmi nous dans les dévotions extérieures lui avoient fait une extrême peine devant que Dieu l’eût retiré de ses erreurs : j'avoue, que je fus fort touché de sa lettre, & qu'il me sembla que Dieu se servoit de lui pour me faire connoître mon devoir f.
1. Voici cette pièce si avantageusement annoncée : A S. Germain, le dernier décembre 1673.
Monsieur,
J'ai là avec édification & plaisir le petit Livre que vous m'avez fait la gräce de m'envoier, plein d'esprit et d'une piété solide. Ce n'est pas à moi de le publier en ce païs-ci. Il perd de sa force entre les mains d'un Proselyte, toujours suspectes à ceux qui ont le plus besoin de ce remède. Les anciens et veritables catholiques sont plus propres à le faire valoir, & devroient même, si je ne me trompe, le traduire en plusieurs langues vulgaires pour le petit peuple à qui le latin n'est pas connu. C'est dommage que par des excès de zèle et de bonne intention sans connoissance, on corrompe une source de consolations et de biens, car c'est ainsi que je nomme la prière des saints et la Bien-heureuse Vierge en particulier, dont je crois moi-même avoir reçu de très grands avantages J'y ay eu dans mon erreur une extrême répugnance, parce que j'en regardois seulement les abus ; j'y trouve une extrème douceur aux termes où l'Eglise nous la recommande & nous l'ordonne. Votre Auteur