‹ Bourdaloué: Histoire critique de sa prédication d'après les notes de ses auditeurs et les témoignages contemporainsChapitre 24 sur 475 · LE SERMON SUR L'IMPURETI · texte numérisé non relu

LE SERMON SUR L'IMPURETI

mauvaise voisine pour l'avoir donné ni aux grises, ni aux bleues de ce quartier !,

21 mars, troisième dimanche du Carême. — Cette date, à se fier à la coïncidence liturgique, ici confirmée par une lettre du temps, serait assignée presque sûrement au sermon sur l'Impureté, car six jours après, le samedi 27, le P. Alleaume, précepteur du duc de Bourbon, élève du collège Louis-le-Grand?, écrit à Chantilly :

Nous avons vu ce matin le P, Bourdaloüe à qui nous avons demandé s’il avoit dit quelque chose ce carème, de lInfailhibilité du Pape. Il nous a répondu que, bien loin d’en avoir parlé, il n’avoit pas voulu dire un sermon qu'il a sur l’Infaillibilité de l'Eglise, dans la conjoncture présente. Mais il est vrai qu’il a fait un discours contre l’Impureté, où l’on dit qu'il est entré dans un trop grand détail, et ceux qui ont mandé cette nouvelle à V.A,S. pourroient bien avoir pris l’un pour l’autre ?.

Non seulement nous avons, par cette lettre, la date très probable du sermon sur l’Impureté, mais la même source des Archives de Chantilly visitées par le P. Chérot, nous fournit de quoi expliquer la connexion, connue autrefois seulement par une note du premier éditeur. En marge du passage qui, dans le sermon sur la Conversion de Magdelaine, commence par les mots : «Si dans un autre discours j'ay parlé plus en détail de ce peché, c’est des paroles toutes pures de saint Paul que je me suis servi », Bretonneau avait ajouté : « Cette disgression regarde le Sermon de l’impureté #, » De cette corrélation entre les deux

1. Les sœurs grises sont les sœurs de la Charité ou sœurs de Saint Vincent-de-Paul. Les principales paroisses en possédaient sans douté dès lors, comme à présent, de petites communautés. — Sur les Filles bleues ou Annonciades célestes, voyez tome v, p. 347, note 7. (Lellres de Mme de Sévigné, édit. Hachette, t. vir, p. 221-222.)

2. Il faut lire Louis-le-Grand, et non pas Collège de Clermont, comme me l'a fait remarquer le P. Chérot, qui a, en effet, établi très exactement contre l'annotateur de La Bruyère, que le nom de Collège Louis-le-Grand date du 10 septembre 1682 (Trois éducalions, 1696, p. 267, note 5).

3. Bourdaloue inconnu, p. 10. V. plus haut, p. 538. LMD AD MIRE:

552 CARÈME A SAINT-PAUL

Lo

sermons, on concluait que si le sermon sur l’Impureté avait été prêché en 1680 ou en 1682 à la cour, le sermon sur sainte Magdelaine l'avait été aussi; et cela, parce que, dans le carême imprimé qu’on suppose entièrement prêché à la cour, cette «disgression » se lit. Maintenant que nous avons un témoignage certain, datant cette apologie, il faut bien renoncer à mulüplier la supposition d'incidents similaires, obligeant Bourdaloue à s'expliquer. De la certitude que le premier sermon est donné à une autre année que 1683, il est téméraire d'affirmer qu'il est connexe avec celui de la Madeleine, à cause de l « apologie » heureusement conservée par Bretonneau.

La date proposée par le P. Chérot, d’après le témoignage du médecin Bourdelot, me paraît vraisemblable, ayant du reste l'avantage de concorder avec le jour liturgique où se lit à la messe l’évangile de la conversion de la Madeleine.

8 avril, jeudi après le dimanche de la Passion. — Dans sa lettre du 17 à Condé, Bourdelot écrivait :

Le père Bourdaloue, à son sermon de‘la Magdelane, fit son apologie de ce qu'il avait parlé librement des vices ; et citant les Pères, il dit que c'estoit saint Paul luy-mesme qui en avoit parlé bien plus sévèrement ; il cita le texte et fitune exagération qui a irrité les dames.

Ce dernier détail ne répond-il pas à merveille, dans l'hypothèse du sermon placé au 8 avril, à la lettre de M°° de Sévigné, écrivant le 9, au comte de Guitaut, après quelques phrases à l’éloge de Treuvé, qu’elle n’est pas sans avoir à reprendre quelque chose dans Bourdaloue :

A Paris, ce g° avril 1683.

Je gronde toujours notre M. Trouvé de vouloir corriger tout le monde .. C’est un aimable homme, il a beaucoup d’esprit et de lumière avec la douceur et la simplicité d’un enfant. Je voudrois que

vous entendissiez quelquefois mêler notre critique aux admirations publiques du Père Bourdaloue. .. 1

1. Voy. le commencement de la lettre suivante (20 avril 1683) (Lettres de Mme de Sévigné, éd. "Hach. t. vu, p. 298).

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