REDITES DE BOURDALOUE A SAINT-PAUL
qui n’en ai point, ils me sont nouveaux. Rien ne vous doit consoler de les avoir perdus, que de n’en avoir point entendu du tout; mais vous aurez eu quelque minime 1...
Ce témoignage clôt ce que nous savons de l’avent de Saint-Paul, et, sans nous déclarer satisfaits, nous constatons qu'on est moins au dépourvu que ne le laissait entendre le dernier biographe de Bourdaloue ?. Peut-être même a-t-il aussi trop crié famine pour l’année suivante 1693. C'était pour les vivres la « chère année », mais nous n'y sommes pas en pénurie absolue de documents.
1. T. x, p. 97, lettre de Mme de Sévigné à la comtesse de Guitaut.
?. Les rivaux et concurrents de Bourdaloue, durant cet avent de 1692, sont aussi à énumérer en passant. A Notre-Dame paraissait un des théoriciens de la chaire, le P. Gaichies, de l’Oratoire « chanoine et théologal de l'Eglise catholique de Soissons. » Bien que ses Maximes de la Chaire l’aient plus fait connaitre encore que ses sermons, il fut un des orateurs qui, après la mort de Bourdaloue, occupèrent le plus les grandes chaires. La station royale de l’avent de Saint-Germain, devant Leurs Majestés Britanniques, fut partagée entre les Pères Gaillard et Rousselet. Les PP. Duguet et de la Baume, de l’Oratoire, paraissaient chez les religieuses de Saint-Thomas ; le P. de la Tour, aux Enfants-Rouges ; de la Roche, avec du Jarry, aux Religieuses de la Madeleine, et chez les Carmélites du faubourg Saint-Jacques. Le frère de Mme Guyon, dom Dominique de la Mothe, barnabite, donnait l’avent à Saint-Sulpice; le P. La Rue, à Saint- Jacques de la Boucherie, tandis que l’abbé Bignon occupait la chaire de la chapelle royale. A noter, enfin, peut-être comme suite de la vogue qui avait entrainé « le beau monde » autour de la chaire de Bourdaloue à la Salpêtrière, la composition de l'avent intitulé comme il suit, dans la Liste des Prédicateurs : « À l'Hospital des Petites-Maisons. Plusieurs célèbres prédicateurs. Le premier Dimanche de l'Avent, le R. P. Soanen, Prestre de l’Oratoire. Le jour de la Conception, Monsieur l'Abbé Boileau. Le troisième Dimanche, Monsieur l'Abbé Anselme, Le quatrième Dimanche, le R. Père Chaussemer, Jacobin du grand Convent. Le Jour de Noël, le R Père Gaillard, lesuite. » Enfin, le très fécond P. Séraphin de Paris, avec son avent à Saint-Nicolas du Chardonnet, prêchait les vendredis aux Nouvelles Catholiques, dont le stationnaire en titre était un confrère de Bourdaloue, le P. Eustache, dont le nom ne parait guère avoir acquis de
réputation.