‹ Bourdaloué: Histoire critique de sa prédication d'après les notes de ses auditeurs et les témoignages contemporainsChapitre 249 sur 475 · I. L’année · texte numérisé non relu

I. L’année

La Liste, pour le carême de 1693 *, nous présente à peu près les mêmes noms qu’à l’avent de l’année précédente, mais comme on y cherche vainement celui de Bourdaloue, il n’y a pas lieu d’en présenter le tableau. L'intérêt de la Liste pour nous est surtout dans le cadre dont elle entoure les stations de Bourdaloue.

Je dois à une indication de M. Levesque le premier document relatif à cette année qui fasse mention de notre orateur. Il s'agit d’une lettre de Bussy au P. Bouhours, dont l’autographe, ayant fait partie du cabinet de M. Alfred Sensier, se trouve à la Bibliothèque nationale ?.

1. Sur la date de Pâques de l'année 1693, voici ce qu'imprimait le Mercure galant, décembre 1692: « L'année 1693 où nous sommes prêts d'entrer, est remarquable par une chose qui n'est point arrivée pendant tout ce siècle. C'est d'avoir la feste de la Chandeleur le Lundy-gras, ce qui sera à cause que nous aurons celle de Pasques le 22 de Mars, qui est le plütost qu’on la puisse célébrer. » (Suit une série de notions techniques sur le calendrier, puis une instruction sur la manière de trouver pour chaque année la lettre dominicale, etc.)

2. N.a.fr. 6237, fol. 8 et 9, catalogue de la collection Sensier, 1878, n. 603. L. a. au P. Bouhours, 5 p. 1/2, petit in-8, cachet.

LETTRE INÉDITE DE BUSSY 797 Elle n’était pas publiée dans les œuvres de Bussy, et M. G. Doncieux ne semble pas l’avoir connue. La voici d'après l’autographe, bien qu'elle nous apprenne peu de choses sur Bourdaloue. Sans suspecter Bussy pour la sincérité de son admiration, il faut avouer que les éloges qu'il décerne un peu partout dans cette lettre assez plate, sont politiques et ont pour but une rentrée en grâce que le cousin de M de Sévigné ne cessait de ménager par toute sorte de voies. !

A Autun, ce 3% mars 93.

le vous envoie un petit Eloge de uotre ordre, Mon Reuerend Pere. le le dois à l’estime que j'en fais, c’est en parlant du R. P. de la Chaise que cela m'a fait venir la pensée de parler de sa Compagnie, et uous M. R. P. auec les P. Rapin, Bourdaloue, et Cheminais etes les ornements de uotre siecle. Si je marque l’estime que j'ay de ces bons Peres, j'ay bien plus de raison de le faire de vous qui etes dans mon cœur et dans mon esprit bien audessus d'eux.

le vous enuoïe encore un petit Eloge de Mad° de Maintenon fait pour mettre ensuitte de L'etablissement de St Cyr et c’est pour cela que ie uous le demande, Imprimé ou manuscrit, uous uoïiés bien M. R. P. que cela fera un bon Effet, mandes moy uotre sentiment sur tout cela auec la sincerité dont nous parlons l'un a lPautre, et surtout la diligence a menuoier cet etablissement.

le uoudrois bien auoir eté au diner de ma fille de Montataire auec uous, M. R. P., nous aurions parlé de la guerre, de la Cour, des belles lettres, sans oublier le chapitre de Pelisson. Il y a pour et

1. Aussi, l'éditeur du Catalogue d'aulographes, dans lequel était signalée cette lettre de Bussy, a-t-il écrit: « C’est la dernière lettre connue, mais non imprimée de Bussy-Rabutin Un mois après il était mort. On voit par cette lettre que jusqu'à son dernier soupir, il fut à la fois homme de lettres, grand seigneur courtisan et qu'il mourut la plume et l'épée à la main » Vente des autographes de M, Alfred Sensier, Paris, Etienne Charavay, 1878.

Suscription de la lettre :

Au Reuerend Pere Le Reuerend Pere Bouhours lesuite au College

de Louis le grand

A Paris.

On ne voit pas trop la trace de l'épée, bien que cette supplique ne nous dise rien qui ne fùt connu déjà sur le caractère de Bussy.

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