‹ Bourdaloué: Histoire critique de sa prédication d'après les notes de ses auditeurs et les témoignages contemporainsChapitre 271 sur 475 · V. plus bas au 19 mai · texte numérisé non relu

V. plus bas au 19 mai

BOURDALOUE AU LIT DE MORT DE LUXEMBOURG 817 III. L'année 1695.

Mardi 4 janvier. — Bourdaloue assiste au lit de mort le maréchal de Luxembourg.

Voici un extrait de la lettre de M”° de Coulanges à

M de Sévigné :

A Paris, le 14° ‘anvier 1695.

ee M de Chaulnes, qui est arrivée en très bonne santé... avoit couché à Versailles ; elle y avoit vu Mr° de Chevreuse et toutes ses amies. On ne peut être plus remplie qu'elle l’est de tout ce qu’on lui a conté de la mort de M. de Luxembourg, si vous étiez ici, mon amie, elle vous diroit bien : « Gouvernante, il est mort bien chrétiennement. Monsieur a presque toujours été dans sa chambre. » Ce qui est de vrai, c'est que le P. Bourdaloue a dit qu'il n'avoit pas vécu comme M. de Luxembourg, mais qu’il voudroit mourir comme lui 1...

On lit dans le Mercure galant :

Il fut attaqué d'une fausse pleurésie le vendredi 31 de l’année dernière, et tous les remèdes s'étant trouvés inutiles, il mourut à Versailles le mardi 4 de ce mois, avec tous les sentiments de fermeté et de piété que l’on peut souhaiter dans un grand homme et dans un véritable chrétien. Ce fut le P. Bourdaloue jésuite qui l’assista à la mort, et il n'eut pas de peine à le mettre dans la résignation qu'il lui inspira, pour les volontés du souverain Maître. (Mercure de janvier, p. 295.)

Sourches est plus précis encore dans ses Mémoires :

Comme la maladie du maréchal de Luxembourg augmentoit à vue d'œil, quoiqu'on l’eût saigné quatre fois, on envoya chercher Caretti 2 et Monsieur, frère du Roi, l’obligea de lui donner des remèdes. — 2 janvier. Le 2, il reçut Notre-Seigneur pour viatique à six heures du matin, après avoir fait une confession générale au P. Bourdaloue *, jésuite, et toute la journée, on le regarda comme un homme qui ne pouvoit point passer la nuit.

* I] étoit de Bourges et le plus célébre prédicateur de son temps ; 1l

1. Sévigné, éd. Hachette, t. x, p. 227-228, de Mme de Coulanges à Mne de Sévigné.

2. Italien qui s'étoit rendu célèbre par la guérison de diverses maladies dangereuses. (Note de Sourches.) Cf. Sévigné, t. x, p. 162, avec les références à La Bruyère, éd. Walckenaer, et Saint-Simon, t. n, p. 135, cité 1bid., p. 168, note 3, de l'édition in-L2.

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