‹ Bourdaloué: Histoire critique de sa prédication d'après les notes de ses auditeurs et les témoignages contemporainsChapitre 272 sur 475 · BOURDALOUE CONFESSEUR DES MOURANTS · texte numérisé non relu

BOURDALOUE CONFESSEUR DES MOURANTS

étoit aussi très grand directeur, et on l’appeloit ordinairement pour

É : nee : ; ; assister les mourants qui paroissoient avoir plus de besoin d'un homme entendu et vigoureux.

On conçoit que cette note du marquis de Sourches demandait à être recueillie et mise en bonne place. C’est un témoignage topique ajouté à beaucoup d’autres et très nettement exprimé.

Le Journal de Dangeau raconte en ces termes la mort du maréchal :

Dimanche 2, à Versailles. I (M. de Luxembourg) a reçu Notre- Seigneur, et voit approcher la mort avec beaucoup de fermeté.

Lundi 3, à Versailles. On eut quelques espérances que M. de Luxembourg trouveroit quelque soulagement des remèdes de Caret jusqu’à huit heures du soir, que le redoublement lui prit; à minuit on lui donna l'extrême onction, et on connut que les pronostics de M. Fagon étoient plus justes que ceux de Caret. Monsieur a été souvent chez M. de Luxembourg durant le cours de son mal. Il a fait son testament, et a choisi pour lexécuteur testamentaire l’abbé de Saillant. Il a fait venir ses quatre fils, et leur a donné sa bénédiction, Le P. Bourdaloue qui l'assiste à la mort, a désiré de lui qu'il donnât aussi sa bénédiction à M° de Neufchâtel, sa fille, dont il n'étoit pas tout à fait content ; il a obéi au P. Bourdaloue, et lui a donnée. On ne croit pas qu'il puisse passer la nuit car ses forces diminuent.

Mardi 4, à Versailles. M. de Luxembourg mourut ici à sept heures du matin... Il avoit soixante-sept ans et étoit fils posthume de M, de Bouteville, qui eut le cou coupé en 1627... (Dangeau,) v, 131.

Sur le carême ou mieux les mercredis de Bourdaloue à Saint-Germain-en-Laye, nous n’avons guère que l’annonce officielle de la Liste des Prédicateurs :

A Saint Germain en Laie. Au Louvre devant leurs Majestez Britan-

niques; le R. P. Bourdalouë les mercredis; & le R. P. Ledrel Jesuites, les autres jours.

Le P. Ledrel ! est celui qu'une lettre de Ballet nous a

1. Pierre Le Dérel, mort à Paris le 6 juillet 1710 après quarante ans de vie religieuse, est signalé dans son éloge funèbre pour une dévotion insigne envers Notre-Dame, C'est sans doute ce qui l'anima contre le livre de Baillet. V. plus haut, p. 794.

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VÊTURE DE Ml° DE SOUBISE 819

montré interdit de par le roi, pour avoir adressé la parole au nonce, contre l'étiquette assez joséphiste que Louis XIV ne cessait de garder surtout dans les rapports avec Rome. Dangeau, qui s'occupe moins que jadis des hôtes royaux de Saint-Germain, ne nous a rien gardé sur ce carême.

La grosse part fut sans doute pour le P. Le Dérel, que Bourdaloue appuya en somme de l’éclat de son nom; entous cas Bourdaloue prit le temps de préparer le sermon de vêture qu'il alla donner à Jouarre le 6 avril, mercredi dans l’octave de Pâques.

Mercredi 6 avril. — A l’abbaye de Jouarre, vêture de Marie-Anne de Rohan-Soubise, nièce! de Pabbesse Thérèse de Rohan, fille du prince de Soubise, élue à la fin de 1692 *.

C’est encore devant Bossuet, qui donnait l’habit à la postulante, que Bourdaloue prêcha cette vêture. Il est impossible d'identifier ce discours et peut-être comme le sermon de vêture de M" d’Elbeuf, est-il un de ces inédits qui demeurent à découvrir, ainsi que le sermon de profession du 1% mai de l’année suivante. L’une et l’autre date avaient échappé aux recherches de Rochebihière, et j'en dois la découverte à une aimable communication de

M. Levesque.

Dans les notes manuscrites de l’abbé Pérau, on lit :

Madame de Rohan abbesse de Jouarre se rendit aux observations de Bossuet sur la question du scrutin secret, (CF. lettre du 25 avril 1694 %) etau mois de Janvier suivant (1695) six postulantes furent

1. Sourches dit sœur de l’abbesse. « 127 mars 1695. Le 9, on sut que la dernière fille du prince de Soubise, qui étoit parfaitement belle, se faisoit religieuse à Jouarre *. » Mais est-il toujours bien renseigné ? Il parle ailleurs de Mme de la Sablière, femme ou fille, dit-il, de Rambouillet de la Sablière.

2. V. De munere pastorali Bossuet, p. 79, notes 1 et 2, pp. 90-91.

3. Lachat, t. xxvin, p. 338. V. aussi mes Lellres de Bossuel revisées sur les aulographes. Arras-Paris, Sueur-Charruey, p. 65 note 6, où est signalée une correction à faire à une lettre du 3 octobre 1693 ; les premiers

« Belle abbaye en Brie dont sa sœur étoit abbesse. »

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