BOURDALOUE ET M°° DE MAULEVRIER
Quand vous irés, écrivait-il, de Sari, chez le P. de la Chaize faites donner, je vous prie, de mes Ordonnances pour les Pères Bourdalouë, Gaillard, Maignan et Galard, procureur général de cette province.
Il est probable que Bourdaloue était alors à Paris, où ous le voyons essayer vainement de consoler M"° de Maulevrier de la mort de son fils, le colonel Jean-Baptiste Colbert, tué le 18 juillet au siège de Namur. La Gazette du 30 raconte l'affaire dans laquelle il succomba, et la lettre de M*° de Sévigné nous apprenant le désespoir de M°° de Maulevrier est du 29 juillet.
À Paris, le 29 juillet 1695.
ne Toutes les pensées sont tournées vers Namur. Ces derniers tués ont jeté une consternation qui ne laisse plus de joie ici. M°° de Morstein est inconsolable, la bonne chancelière pleure amérement son petit fils de Vieuxbourg, et M®° de Maulevrier ! renvoie bien loin tous les gens qui lui veulent parler de consolation, jusqu'au P. Bourdaloue....1
C’est le dernier témoignage tiré des lettres de M°° de Sévigné. On a pu voir par la série des citations placées en regard des siennes et les confirmant, combien il faut rabattre d’une interprétation ingénieuse donnée jadis par M. G. Lanson. Son objet était de montrer que Bossuet ne passa point, comme orateur, aussi inaperçu que nous l’imaginons. On peut certes laccorder, sans toutefois avouer qu'il prima, pour ses Contemporains, autant que son génie l’eût mérité, et sans oublier que les éloges donnés par Loret et autres gazetiers au Jeune chanoine de Metz, sont les mêmes ou à peu près, au hasard des rimes et du besoin, que les louanges accordées à Le Boux ou à dom Côme ?. Mais il n’était nullement besoin de faire intervenir
1. Jean-Baptiste Colbert, comte de Maulevrier, colonel du régiment de Navarre, fils ainé du lieutenant-général comte de Maulévrier et neveu du grand Colbert. Sa mère, Marie-Madeleine de Bautru, mourut le 17 mars 1700. (Sévigné, éd. Hachette, t. x, p. 300. Lettre de Mme de Coulanges à Mue de Sévigné.)