‹ Bourdaloué: Histoire critique de sa prédication d'après les notes de ses auditeurs et les témoignages contemporainsChapitre 275 sur 475 · M"° DE SÉVIGNÉ ET BOURDALOUE · texte numérisé non relu

M"° DE SÉVIGNÉ ET BOURDALOUE

l'explication de la réputation de Bourdaloue « faite » par M" de Sévigné, à court de nouvelles. La chronologie des témoignages de la marquise très intermittents et plus rares sur la fin de sa vie, dément cette théorie, trop évidemment créée pour les exigences d’une thèse à défendre :

Rien d’étonnant, dit M. Lanson, rappelant que Bossuet cessa de prècher à Paris dès 1670, que le souvenir de sa prédication se soit évanoui dans le retentissement de ses autres talents, et dans l'éclat sensible de la parole de Bourdaloue. Et puis, ne nous faisons pas illusion, c’est Mme de Sévigné qui a créé la tradition de la vogue de Bourdaloue, Si elle n’a rien dit de pareil de Bossuet, c’est que de 1660 à 1670, ses lettres sont bien plus rares que dans les vingt années suivantes ; c'est aussi, qu'ayant sa fille auprès d'elle, jeune elle-même, très entourée, elle menoit une existence plus mondaine, plus brillante ; c’est aussi que le roi, qui donnait le ton, était aussi plus éloigné que jamais des pensées religieuses : c'étaient les ballets en ce temps-là, et non les sermons, qui faisaient évènement à la cour et à la ville. Séparée de sa fille, Me de Sévigné parlera beaucoup de Bourdaloue, quand, écrivant beaucoup, elle fera flèche de tout bois, ramassera tout pour grossir son cahier ; elle lui fera la place plus grande, à mesure que, vieillissant, elle se tournera davantage vers les réflexions sérieuses, et que le siècle avec le roi, s’orientera décidément vers la dévotion f.

Le plaidoyer est des plus spécieux, mais les faits et les dates ne s’y adaptent que très imparfaitement. S'il est exact que les lettres de la marquise, antérieures à 1670, tiennent toutes en un seul volume, contre les neuf volumes suivants?, les hypothèses sur la frivolité de la cour et le succès des ballets effaçant la vogue des sermons, devraient valoir pour le moins jusqu’à la mort de la reine, ou se retourner contre les préoccupations de M" de Sévigné pendant la faveur de M°*° de Montespan. Y trouverait-on d’ailleurs explication de la faveur de Bourdaloue au-dessus des autres prédicateurs? Si le roi

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