ALLUSIONS POSSIBLES À BOURDALOUE
Le reste du morceau de La Bruyère, et semble-t-il, l'explication de ce qu’il entend par les « madrigaux » des orateurs de son temps, est à noter plus que la première parte encore ; on y verrait presque la satire directe d’un des procédés de Bourdaloue :
Ils ont toujours, poursuit-il, d’une nécessité indispensable et géométrique trois sujets admirables de vos attentions : ils prouveront une telle chose dans la première partie de leur discours, cette autre, dans la seconde partie, et cette autre encore dans la troisième, Ainsi vous serez convaincu d’abord d’une certaine vérité, et c’est leur premier point, d'une autre vérité, et c’est leur second point ; et puis d'une troisième vérité, et c’est leur troisième point : de sorte que la première réflexion vous instruira d’un principe des plus fondamentaux de votre religion ; la seconde, d’un autre principe qui ne l'est pas moins ; et la dernière réflexion, d’un troisième et dernier principe, le plus important de tous, qui est remis pourtant, faute de loisir, à une autre fois. Enfin, pour reprendre et abréger cette division et former un plan... — Encore, dites-vous, et quelles préparations pour un discours de trois quarts d’heure qui leur reste à faire ; plus ils cherchent à le digérer et à Péclaircir, plus ils m'embrouillent. — Je vous crois sans peine, et c’est l'effet le plus naturel de tout cet amas d'idées qui reviennent à la même, dont ils chargent sans pitié la mémoire de leurs auditeurs. Il semble, à les voir s’opiniâtrer à cet usage, que la grâce de la conversion soit attachée à ces énormes partitions, Comment néanmoins seroit-on converti par de tels apôtres, si l’on ne peut qu’à peine les entendre articuler, les suivre et ne les pas perdre de vue? Je leur demanderois volontiers qu’au milieu de leur course impélueuse, ils voulussent plusieurs fois reprendre haleine, souffler un peu et laisser souffler leurs auditeurs. Vains discours, paroles perdues ! Le temps des homélies n’est plus ; les Basiles, les Chrysostomes ne le ramèneroient pas; on passeroit en d’autres diocèses pour être hors de la portée de leur voix et de leurs familières instructions. Le commun des hommes aime les phrases et les périodes, admire ce qu’il n'entend pas, se suppose instruit, content de décider entre un premier et un second point, où entre le dernier sermon et le pénultième f,
Ce plaidoyer contre les sermons divisés à outrance soulève une foule de questions. Avouons d’abord, comme
ADeNarchAILe TAUMD 222: