‹ Bourdaloué: Histoire critique de sa prédication d'après les notes de ses auditeurs et les témoignages contemporainsChapitre 292 sur 475 · LES DEUX ÉCOLES · texte numérisé non relu

LES DEUX ÉCOLES

Ce seul exemple peut suffire, et l’on s'explique, sans le justifier en tout, l’agacement de La Bruyère. Avant lui, — car il semble bien que les Dialogues sur l’éloquence de la chaire aient été composés vers la date de 1680 qu'a essayé de déterminer feu M. Ch. Revillout !, — Fénelon Jetait le ridicule sur les divisions multipliées, et peut-être visait Bourdaloue. La Bruyère, lui aussi vraisemblament, songe tout au moins à des imitateurs de Bourdaloue, si même il ne pense pas à l’action du jésuite en personne et à sa C rapidité de prononciation » lorsqu'il se plaint de la «course impétueuse » où il voudrait mettre des temps de respiration.

Mais si l’homme que le moraliste se proposait de louer est connu, La Bruyère ayant ajouté en note: «Le P, Seraph. cap. », la question est cependant posée entre deux écoles ou systèmes. La première pensée citée plus haut, dans laquelle toutes les clefs ont reconnu Le Tourneux, montre bien que Séraphin n’était aux yeux de La Bruyère, que la résurrection d’un idéal entrevu et regretté.

Je n’entreprendrai point de discuter les idées de La Bruyère; 1l serait aisé aussi, en raisonnant, comme il le fait ici, par l’abus, de renverser par ses excès même, la position qu'il présente comme seule digne de la chaire chrétienne. Mieux vaut exposer les deux « méthodes de prédication » que La Bruyère a prétendu mettre en conflit. Celle de Bourdaloue nous est assez présente ; elle est certainement presque à lopposite de celle que bien des fois nous avons signalée sous les titres divers, en usage alors, de prédication à la capucine, à la missionnaire, etc. Dans un article déjà cité, intitulé : le Carême de 1699, M. l'abbé J.-B. Vanel, à bien mis en relief les deux genres de prédication et résolument pris partie contre l’erreur de La Bruyère. Partant d’un

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