L'ANCIEN DÉBAT ENTRE LES DEUX MÉTHODES
professe le plus profond mépris pour toutes les entraves d’une rhétorique mondaine, on prétend être ainsi simple, naturel, familier, entraînant. Les premiers disciples du Christ, soutient-on, n’auraient pas converti autrement l’univers à la divinité de leur Maître.
On ne saurait mieux poser la question. Il faut ajouter que l’auteur, après avoir rappelé que cette théorie était alors appuyée par « des lettrés très délicats, des intellectuels très raffinés », comme La Bruyère et Fénelon, n'en est pas cependant ébranlé. Il maintient que « le commun des hommes agira toujours prudemment et donnera une preuve de sagesse, en fécondant le talent et la nature par l’étude, par la comparaison avec les plus beaux modèles, par le respect des préceptes généraux !. »
Le débat entre les deux méthodes ne datait pas de la veille. Dès le temps de saint Jean Chrysostome, comme l’a noté M. A. Puech, dans son excellente biographie du saint, de prétendus admirateurs de saint Paul avaient prôné le dédain de l’éloquence humaine :
Ils se sont abandonnés, disait S. Jean Chrysostome, à une sorte de sommeil de l'intelligence, et ont vanté l'ignorance, non pas celle que Paul s’attribue, mais une autre dont il était plus éloigné que personne. En admettant même qu’il fallût lui attribuer cette ignorance, que signifierait cela par rapport à nous? Car il avait une
force plus puissante que la parole, Comment ne rougit-on pas de se comparer à un tel homme ? ?
Mius pour demeurer dans le siècle de Bourdaloue et voir en œuvre les sophismes qui confondaient la vertu et les procédés apostoliques avec le dédain systématique et plus commode des moyens humains, la question, si vieille, avait été réveillée peu de temps avant les triomphes éphémères du P. Séraphin. En 1694 commençait à paraître une traduction des Sermons de saint Augustin sur le Nouveau Testament, par l’académicien Philippe
TL CN R0 2, Saint Jean Chrysoslôme, par Aimé Puech, ?° édition, p. 30.