‹ Bourdaloué: Histoire critique de sa prédication d'après les notes de ses auditeurs et les témoignages contemporainsChapitre 330 sur 475 · DEUX DÉVELOPPEMENTS PARALLÈLES · texte numérisé non relu

DEUX DÉVELOPPEMENTS PARALLÈLES

Jusqu'à pouvoir être mise en regard du passage parallèle de son discours :

Outre ces prisonniers, dit Bourdaloue, il y a d’autres pauvres ; mais ces pauvres, ou retirez dans les maisons publiques & dans les hospitaux, ont des personnes auprés d'eux, dont toute la profession & tout l’employ est de les servir; ou maistres d’eux-mesmes & de leur liberté peuvent travailler, peuvent mandier 1, peuvent chercher leur vie, peuvent à vos portes, en vous representant leur miseres, forcer, pour ainsi dire, malgré vous vostre misericorde. I] n’y a que les prisonniers qui manquent de toutes ces ressources. Il semble que ce soient comme les morts du siecle, /nter mortuos saeculi ; il semble que ce soient des excommuniez, qui ne peuvent paroistre en aucun lieu, & dont tout le monde doit s'éloigner, Posuerunt me abominationem sibi. (P. 81.)

L'expression inter mortuos saeculi rappelle le texte de Tertullien qui servait à Fromentières pour définir la prison, le lieu de toutes les souffrances réunies ; mais les similitudes sont bien plus nettes entre le début du premier point de Fromentières et le morceau dans lequel Bourdaloue prouve, lui aussi, que toutes les œuvres de charité sont comprises dans Je soulagement des prisonniers :

En effet, mesdames, avait dit Fromentières, si jamais vous vous êtes transportées dans les prisons, dans ces lieux sombres et obscurs qui retiennent tant de misères cachées, pouvez-vous disconvenir que ceux qui les habitent ne réunissent en leurs personnes tous les

malheurs qui se trouvent partagés entre tous les misérables du monde ? La faim, la nudité, la maladie, l'abandonnement, (Col. 1320.)

Bourdaloue est plus précis encore dans son application des paroles du juge suprême sur les œuvres de miséricorde :

Je puis dire, Mesdames, que dans la prison vous trouverez toutes les sortes de miseres, dont le Fils de Dieu fera le dénombrement aux jours de ses vengeances éternelles. Vènez & voyez : dans ce triste sejour vous trouverez, non seulement la captivité & l'esclavage, mais la faim, mais la soif, mais la nudité, mais la maladie & l'infirmité,

1. On peut voir cependant note m du iv livre que cette liberté de mendier était restreinte.

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