MULTIPLES SUJETS DES EXIHORTATIONS
vérités à bride abattue », ne doit pas se restreindre à ce point. Il était bon de comparer avec des œuvres analogues de quelqu'un de ses contemporains ces instructions familières adressées avec un zèle exempt de faux ménagement par Bourdaloue, invité à prêcher souvent (nous a dit Bretonneau) dans des assemblées de charité. Si l’on veut une liste approximative des sujets qu'il y dut traiter, qu’on la recueille dans cette phrase de Fromentières, Uuirée
de son discours en faveur des prisonniers c
Vous vous plaindrez peut-être ici et vous me direz: Quelle étrange vertu que cette charité de nous proposer tant de différents objets ? Tantôt l'hôpital général, tantôt les malades de l'Hôtel-Dieu, tantôt des enfants trouvés ; quelquefois les nouveaux convertis, souvent les pauvres honteux et enfin les prisonniers; quel moyen de fournir à tant de frais et tant de dépenses ? (Col. 1325.)
I suffit de parcourir le recueil des £xhortations de Bourdaloue pour voir qu’il eut maintes fois à répondre à cette objection. La série des sujets traités par lui est même plus vaste encore que l’énumération de Fromentières, et à ce qui nous reste, on est tenté de regretter les sacrifices que Bretonneau a faits pour ne point « grossir son volume. » Nous aurions à signaler son exhortation en faveur des orphelins et à contester au P. Lauras le droit de reconnaître la présence de la reine dans lallusion à ‘une grande princesse, «dont l’humble modestie » obligeait l’orateur à omettre un éloge !.
Les deux « sermons de charité » en faveur des séminaires méritent d’être étudiés plus au long. L’incertitude des conjectures qui les rapporteraient à l’année 1696 permet de les placer ici. D'ailleurs celle qui regarde
1. Lauras, t. 11, p. 253. Très gratuitement Lauras reconnaît la reine dans le compliment : ne s'appliquerait-il pas également à Me de Guise ou à telle autre? Sa note sur le (sentiment des convenances » que lui fait fixer de 1680 à 1683 ce discours de charité pour les Enfants-lrouvés, n'est qu'une pure conjecture, fort discutable. V. plus haut, 1685, p. 604 et suiv., nous avons Cité l'exhortation pour les Nouveaux convertis.