PROSCRIPTION DES PRÈTRES EN IRLANDE
Il est certain que le bill porté contre les catholiques par le Parlement (1698 ou 1700)! ne fit guère qu’élever les pénalités ou offrir une prime plus riche aux dénonciateurs des prêtres proscrits, mais n'eut guère à changer les mesures restriclives déjà portées ?.
Ces mesures prouvent que ce n’étaient pas des chimères que les dangers auxquels se vouaient les clercs irlandais, en faveur de qui Bourdaloue plaidait dans cette allocuüon, en rappelant le but poursuivi par les fondateurs du Séminaire :
.… Dans cet establissement qu'est-ce qu’on se propose ? d’élever des sujets qui puissent un jour servir cette Eglise affligée & en reparer les ruines; qui malgré l’injustice des loix & la rigueur des arrests, aillent remplacer les pasteurs qu’elle aura perdus, et dont elle est sur le poinct de se voir entierement destituée; qui osent hazarder pour cela leur Hberté, leur vie, & que nul peril, que nulle crainte ne soit capable d’arrester..…. Tel est, dis-je, le dessein que se sont tracé les
zelez instituteurs de cette maison. Ils ont eû en veûë d'’establir un seminaire conçeu & formé selon l’idée du Concile de Trente .…,
que les propriétaires protestants qui, à la chute de Richard Cromwell, avaient provoqué la convention de Dublin, offrant à Charles II un subside considérable et demandant contre une prétendue insurrection des papistes, la convocation d'un parlement protestant, avaient obtenu « que les lois pénales contre les catholiques irlandais seraient rigoureusement exécutées. » (Lingard, t. xI1, p. 80.)
1. L'Hisloire de Lingard, continuée par de Marlès, t. xv, p. 378, place ce bill en 170.
2, Or on lit dans l'{Hisloire de Hume: « Ayant reçu une pétition du clergé de la province de Lancastre, qui se plaignait de l'insolence et des entreprises des prêtres catholiques, la chambre nomma un comité pour examiner de quelle manière les lois contre les papistes réfugiés avaient été exécutées, et, sur le rapport de ce comité, on rédigea un bill faisant droit à cette pétition. Par cet acte, on assignait une récompense plus considérable à quiconque ferait découvrir et convaincre des prêtres papistes et des jésuites, et on condamnait à l’emprisonnement à perpétuité ceux qui seraient convaincus sur le serment d’un ou plusieurs témoins; on décidait que tous les individus nés après le 25 mars de l'année suivante, ne pourraient, s'ils étaient catholiques, hériter d'aucun bien ou d'aucun titre Lonorifique dans le royaume d'Angleterre...» Hume, op. c., Lt. XI,
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