BOURDALOUE ET LE PRÉSIDENT FERRAND
opinion me face autre mal que de les rendre difficiles, car le pis sera de plaider, ou nous nous trouverons sur nos pieds. Je n’ai plus qu'une tentative, qui est de faire dire au Président mesme de la Chambre ou nous plaidons, et qui me reprochoit que je ne voulois pas d’accommodement, que s’il veut nous donner des arbitres je les accepteray. Ou cela réussira, et c’est ce que je demande, ou cela ne réussira pas et le President verra qu’il ne tient pas à moy qu’on ne s’accommode. C’est le P. Bourdaloüe qui luy doit parler. Mr l'Intendant ne devoit pas me refuser une lettre. Le pis qui en seroit arrivé, c’est qu’elle seroit inutile... (P. 294.)
A Paris, 13 février 1702.
… M. l’Intendant m'a écrit aux mesmes termes qu’il vous a parlé. Je n’ay jamais doûté que M de Chamarande ne vist bien clairement que Je luy faisois proposer l’accommodement et que la proposition venoit de moy. Jen ay si peu fait un mistere que le P. Bourdaloüe, amy de M. le President Ferrand doit le voir aujourd'huy de ma part pour le prier de nous donner luy mesme des arbitres. J’ecrivis cet esté à ce President tous les pas que j'ay faits pour terminer nos differens à l'amiable... (P. 296.)
A Paris, 14 février 1702.
… Il se passa hier icy une chose qui mérite que vous la sachiez,. Je vous avois mandé que le P. Bourdaloüe devoit voir de ma part M. le President Ferrand. H le vit et luy fit connoistre que lorsque nous estions en terme de terminer nos affaires à l'amiable avec Mm° de Chamarande, elle avoit voulu prendre les voyes de rigueur et me l'avoit ainsi declaré, que je m'y estois opposé inutilement, que cependant et elle et son mary avoient eu l’artifice de repandre en tous lieux et de persuader à luy President que je ne voulois point d'accommodement, que Mr de Beuvron, de Montatere et Foucaud S'y estoient employez auprès d’elle inutilement, tandis que je leur offrois des blancs signez, que j'avois mesme voulu faire arbitre le Directeur de M de Chamarande, que pour mieux faire connoistre à luy President les dispositions où je suis pour l’accommodement auquel il m'a exhorté, je le suppliois de nous nommer des arbitres et que je les recevrois de sa main avec soumission. Le President repondit qu’il savoit la plus part des choses qu’il venoit d'entendre (et ce fut apparemment par une lettre que je luy ecrivis cet esté) qu'il estoit fort aise de connoistre les dispositions où je suis pour la paix, qu’il verroit M de Chamarande et l’obligeroit de nommer un arbitre, que lors qu'elle l'auroit fait il croit voir luy (sic) P. Bourdaloüe pour le luy faire savoir, et pour luy demander le mien.