‹ Bourdaloué: Histoire critique de sa prédication d'après les notes de ses auditeurs et les témoignages contemporainsChapitre 381 sur 475 · BOURDALOUE CHEZ HUET · texte numérisé non relu

BOURDALOUE CHEZ HUET

A Paris, 28 février 1702.

… Je vis hier Mr le President de Lamoignon. Il me dist qu'il avoit proposé l’accommodement à Mr de Chamarande et s’estoit offert pour médiateur, qu'il avoit repondu que nos affaires estoient presque toutes terminées, et n’estoient plus en estat d’estre terminées autrement que par un jugement, C'est la reponse qu’ils ont faite à Mr de Beuvron et à Mr Foucaud. D'ailleurs le President Ferrand n’en a rendu aucune reponse au P. Bourdaloüe, ainsy il en faut decoudre et je ne m'y endormiray pas. (A la fin de la meme lettre, p 303 ).. Ma requeste est presentée et je n'ay plus aucune esperance d’accommodement, le President Ferrand n'ayant pas repondu au dernier billet du P. Bourdaloüe... (P. 301.)

Ainsi les fragments de ses lettres à son neveu, notamment celle du 14 février 1702, nous le montrent ce jour-là, ou mieux, la veille, lundi 13 février, après un entretien avec Bourdaloue, visité le soir, par ce père. Bourdaloue, en effet, au sortir d’un diner dans lequel il s’était rencontré avec Lamoignon vient rendre compte à notre processif abbé de Fontenay des efforts qu'il avait fait, durant la journée, pour accommoder son affaire.

La lettre du vendredi 24 de ce même mois nous atteste même qu'un billet de Bourdaloue au président Ferrand pourrait bien un jour être retrouvé. En tout cas, la plus belle explication qui se puisse ajouter à ces lettres de Huet, où nous entrevoyons ses rapports avec Bourdaloue, est bien certainement ce beau et touchant passage du Commentaire de Huet, exhalant ses regrets de la mort de son ami, et montrant avec quelle affable prévenance le vieux prédicateur montait le soir à l'appartement de l’ancien évêque d’Avranches pour lui donner les nouvelles recueillies à son intention. Cest un vrai tableau de genre, qui fait honneur au cœur des deux amis, On lit dans le Commentarius de Huet:

Hos angores cumulavit alia aegritudo, gravis profecto et acerba, de morte Ludovici Burdalaei, è Societate Jesu, sacrorum Evangelit praeconum hac aelate longe principis, quo vel propter collala in me saummae benevolentiae officia, vel propter amabilem quemdam animi candorem, nemo mihi fuit amicior ; erat enim in eo peclus apertum, et, ul ita dicam, pellucidum ; neque certe

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