‹ Bourdaloué: Histoire critique de sa prédication d'après les notes de ses auditeurs et les témoignages contemporainsChapitre 388 sur 475 · LA ( RÉCLAME ) AU GRAND SIÈCLE · texte numérisé non relu

LA ( RÉCLAME ) AU GRAND SIÈCLE

D'ailleurs le couvent de la Nativité, à l’occasion d’une vêture faite peu après, celle de M" de Novion, eut, lui aussi, un autre Q article » au Mercure, qui éclaire en quelque sorte le texte de Bourdalouef,

avait dès le temps de Bourdaloue, de beaux jours et un rôle plus étendu qu'on ne se l'imagine. Elle apparait à peine dans l’article du mois de janvier 1703. Tout au plus, la famille, désireuse qu'on sût à quelle condition au-dessus de l'aisance renonçait « la fille de M. Chevalier, fermier général, » a tenu à rappeler qu'il est pénible d’embrasser la vie religieuse des pauvres Clarisses, quand on a été élevé dans le luxe et l'opulence. Il n’y a guère même de récit de vèêture ou de profession qui n'’insiste sur Îa fermeté généreuse de la postulante. C'est le style du journalisme d'alors, et en 1703, Donneau de Visé, n'était pas un novice dans la rédaction de ces sortes d'articles. On peut douter d’ailleurs qu'il ait eu à les écrire, car c'était d'ordinaire tout faits que lui arrivaient ces récits et nouvelles. Jci la famille ou l'ami officieux ont été sobres. L'illustration de l'orateur leur a suffi et l'analyse à très heureusement fait le fond du morceau. A peine un mot est-il dit de l'officiant qui est d’ailleurs « le Directeur de ces Dames. » Aussi nous resterait-il parfaitement inconnu, si un autre communiqué, paru peu de temps après, ne nous apprenait qu’il était né pour un plus haut emploi. Ce sera mieux faire connaître le siècle de Bourdaloue que de citer cette réclame « naïve. » De même, le couvent ou peut-être les parents d'une autre novice, avaient tenu à recommander l'excellence du Monastère. « M. l'Abbé Pileron, » annonce le Mercure du mois d'avril énumérant les « Benefices » accordés par Sa Majesté, « a esté pourueu d'un canonicat de la Rochelle.... Mr Pileron meritoit bien cette grace, son mérite & ses talens particuliers luy donnent droit de pretendre à quelque chose de plus considerable. Il est de Clermont où il a esté Chanoine, mais il se defit de son Benefice pour venir exercer son zele sur un plus grand Theatre. Il est aux Missions Etrangeres depuis quelques années, chery et estimé de toute la Communauté. Il est aussi Directeur des Dames Cordelières de Sainte Claire de la Nativité dans la ruë de Grenelle. Mr Pileron sçait parfaitement les Ceremonies de l'Eglise, il Les fait toutes avec une grâce merveilleuse. Sa voix surtout est mélodieuse & jamais voix ne fut plus flexible que la sienne *. » ILest à croire que l'abbé Pilleron ou Pileron aspirait à quelque chantrerie de cathédrale, à Notre- Dame peut-être. En tout cas il désirait être connu, et grâce à cet entrefilet, nous savons que la cérémonie de vêture pour laquelle Bourdaloue prêcha chez les Cordelières de la rue de Grenelle son dernier sermon de 1702, dut ètre célébrée dans les règles, et qu'il eut ce jour-là dans son auditoire un connaisseur et peut-être un rival, attentif à étudier sa voix « qu'il avait remarquable par son étendue. »

1. Le prédicateur n'est pas nommé,et il y a peu de détails sur la famille de la nouvelle religieuse, dont on rappelle seulement qu'elle est petitenièce de M. le président de la Barde, chanoine de Notre-Dame. — Le frère de l'historien dont Racine annota de sa main l'ouvrage latin. V. mon étude fRacine et la Flandre, extrait de la Revue de Lille, avril 1899.

* Mercure Galant, avril 1703, pp. 203-205,

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