IDENTIFICATION DU SERMON
profession religieuse, qui auroit le droit de dire aux chrestiens du siecle qui viennent assister à son sacrifice, ce que saint Paul disoit aux Ephesiens. »
Je prétends, lit-on dans la division, bien conforme à celle du compte-rendu, que rien n’est plus capable de confondre la lascheté des chrestiens du siecle, que de leur faire considerer la perfection de l’estat religieux : c’est ma premiere proposition, Et J'adjouste que rien n’est plus propre à consoler les religieux, & à les confirmer dans leur vocation, que de leur faire envisager les malheurs presque inévitables & les obligations des chrestiens du siecle : c’est
ma seconde proposition 1...
Après avoir convoqué les chrétiens du siècle à venir voir dans les cloitres le pur esprit du christianisme, Bourdaloue continue :
Apprenez, mes Freres, vous dont l’aveuglement fait ma douleur, & pour la conversion desquels je me sens un zéle sincere, apprenez par ce qui paroist à vos yeux, ce que c’est que d'estre chrestien.. Ne mesurez pas cette vocation chrestienne par les mœurs & par les maximes d’un certain monde qui vous séduit, & dont vous estes obsedez. Pour en avoir une notion conforme à celle de saint Paul, sortez de ce monde prophane. Entrez en esprit dans ces sanctuaires fermez pour le monde, où les servantes de Dieu font leur demeure... Donnons à tout cecy plus de jour par une reflexion qui m’a toujours touché, & dont je suis asseûré que vous serez touchez vous-mesmes ?,
Or cette pensée dont Bourdaloue se disait frappé, et que par suite il dut ne point omettre dans les différentes «éditions » de son discours, c’est le mot de saint Antoine, rappelé, dans une phrase peu claire, à la fin de Panalyse du Mercure de 1703 :
Quand saint Antoine, lit-on dans l'édition Bretonneau, eût veû saint Paul anachorete dans le desert, & qu'il eût esté luy-mesme temoin de la vie toute celeste que menoit cet homme de Dieu ; interrogé par ses disciples, qui le prierent à son retour de leur faire part de l'édification qu'il avoit tirée d'un tel exemple, dont ils le voyoient penetré, il leur répondit les larmes aux yeux, & frappant sa poitrine de douleur :