‹ Bourdaloué: Histoire critique de sa prédication d'après les notes de ses auditeurs et les témoignages contemporainsChapitre 392 sur 475 · Ibid., pp · texte numérisé non relu

Ibid., pp

y | \ L OPPOSITION DES RELIGIEUX ET DU SIÈCLE 935

de ces saintes filles que Dieu a séparées du monde ? En quoy approchent-ils de leur pauvreté & de leur austerité ? En quoy les imitent-ils dans cette abnégation totale d’elles-mesmes ?.., 1

Ne faut-il pas rapprocher aussi, bien que la rencontre puisse être fortuite, la phrase du Mercure sur «la délicatesse

de la première éducation » de la postulante du mois de décembre 1702, de cet extrait du sermon :

En effet, Chrestiens, quelle excuse pouvez-vous alléguer qui ne soit invinciblement refutée par un tel exemple ?.. Est-ce la naissance ? est-ce l’éducation ? est-ce l’âge, le temperament ? sont-ce les infirmitez ? Mais entre ces vierges de Jesus-Christ, combien par leur naissance estoient, où aussi distinguées, ou mesmes plus distinguées que vous ?... Combien dans la maison paternelle avoient esté élevées, non seulement au milieu de toutes les aises et de toutes les commoditez de la vie, mais au milieu de toutes les délices, au milieu de toute la magnificence du monde ? ?,

La seconde partie, indiquée dans le Mercure, se rencontre encore très explicitement.

.… La plupart des religieux, dit l’orateur, n’ont jamais assez connu le monde, mesmes en le quittant, ni apres l'avoir quitté, pour comprendre parfaitement jusqu’à quel poinctl'estat des chrestiens du siecle comparé avec la vie religieuse, leur pouvoit & leur devoit estre un fonds de consolation. Or, c’est, mes cheres Sœurs, ce qui me reste à vous développer. Verité que je soutiens estre la plus touchante & la plus capable de vous affermir dans vostre vocation... Un des poincts sur lesquels saint Bernard croyoit autrefois avoir droit de feliciter ceux qui se separoient du monde, & qui faisoient profession de la vie monastique, estoit celuy-cy. Il est vray, mes Freres, leur disoit-il, la vie que nous menons dans la religion paroît aux enfans du siecle quelque chose de triste; mais ils n'en jugent de la sorte que parce qu'ils sont dans l'erreur & qu'ils ne nous connoissent pas. Nos abstinences & nos jeusnes, nos macerations & nos veilles leur donnent une idée affreuse, mais vaine & mal fondée, de nostre estat, Car ce qui les trompe, c’est qu'ils ne voyent en tout cela que nos croix qui sont exterieures, & qu’ils ne voyent pas l’onction interieure de la grace qui les adoucit, & qui nous rend nos croix mesmes, non seulement supportables, mais

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