‹ Bourdaloué: Histoire critique de sa prédication d'après les notes de ses auditeurs et les témoignages contemporainsChapitre 394 sur 475 · BOURDALOUE SE METTANT EN SCÈNE · texte numérisé non relu

BOURDALOUE SE METTANT EN SCÈNE

intime, et à ce mot haïssable et proscrit, qui percent dans l’œuvre imprimée de Bourdaloue : ainsi, au second point du premier sermon de l’avent, sur la Récompense des Saints un témoignage rendu à la douceur des consolations célestes !, dans le sermon sur la Paix chrétienne, la péroraison connue où Bourdaloue se déclare «content de Dieu *. » Ils sont moins rares qu’on ne l’imagine, et s'ils ne sont pas des procédés oratoires *, l’homme au lieu de

1. Ed. princeps, t. 1, p. 31: « Avoir Dieu pour partage & pour récompense, voilà le sort avantageux de ceux qui cherchent Dieu de bonne foy, & avec une intention pure. Le diray-je, & me permettrez-vous de m'en rendre à moy-mesme le témoignage ? Tout pécheur & tout indigne que je suis, voilà ce que Dieu par sa grace m'a fait plus d'une fois sentir. Combien de fois, Seigneur, m'est-il arrivé de gouster avec suavité l'abondance de ces consolations célestes, dont vous estes la source...

2. Ed. princeps, t. 1v, pp. 439-440 : « S’il vous reste encore dans la vie des difficultez & des peines, ce n’est point parce que vous estes soumis à cette loy, mais au contraire parce que vous ne l'estes pas.. Carsi vostre soumission estoit parfaite, dès-là ces peines & ces chagrins cesseroient. Voilà l'estat, Ô mon Dieu, le diray-je ? où quoy qu’'indigne de vos misericordes, ilme semble que je me suis quelquefois trouvé moy-mesme, & où je me trouve encore quand je me tourne vers vous. Quoyque je ne puisse sçavoir avec asseürance si je suis en grace & digne d'amour, permettez-moy néanmoins, Seigneur, de faire icy cette confession publique. Je ne sçais si vous estes content de moy, & je reconnois mesmes que vous avez bien des sujets de ne l'estre pas : mais pour moy, mon Dieu, je dois confesser à vostre gloire que je suis content de vous & que je le suis parfaitement. Il vous importe peu que je le sois ou non: mais après tout c'est le témoignage le plus glorieux que je puisse vous rendre. Car dire que je suis content de vous, c’est dire que vous estes mon Dieu, puisqu'il ny a qu'un Dieu qui me puisse contenter...» V. Sermons inédils, p. 351, comment ce beau développement est indiqué à l’état rudimentaire.

3. Si l'on rapproche de la phrase citée plus haut: « il me seroit aisé de découvrir ici une source de consolations que vous n'avez peut-être jamais goûtées..., etc... », divers passages analogues, on sera tenté de retrouver là la langue et la manière de Bourdaloue. Ainsi, dans le sermon de l'Annoncialion, l'orateur promet une application inattendue : « Vous verrez, chrétiens, dans la suite, quelle conséquence je tirerai de tout ceci; peut-être en tirerai-je une morale que vous n'attendez pas...» (Revue des sciences ecclésiastiques, mai 1900, p. 232, et tirage, p. 11.) Le plus souvent, Bourdaloue suppose que l’auditeur n'a jamais jusqu'ici suffisamment songé à la vérité qu'il va lui expliquer : ainsi dans le sermon de la Passion (Revue des sciences ecclésiastiques, mai 1900, p. 417. «Jusqu'ici vous avez conçu que la croix étoit un mystère d'infirmité... et aujourd'huy je veux vous convaincre que c'est un mystère où J,-C. fait paroitre toute

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