‹ Bourdaloué: Histoire critique de sa prédication d'après les notes de ses auditeurs et les témoignages contemporainsChapitre 426 sur 475 · MORT DE BOURDALOUE · texte numérisé non relu

MORT DE BOURDALOUE

Tout ar CN qu'il estoit, dit son premier biographe, il ne laissa pas de prescher, & d'entendre selon sa coutume, les confessions.

Le samedi 10 mai, veille de la Pentecôte, 1l allait visiter le duc de Gesvres, gouverneur de Paris, gravement malade !, et c’est le lendemain, 44 mai, jour même de la fête, qu’il dut se mettre au lit, dès qu'il eut, non sans peine, achevé de célébrer la messe. C’était mourir en plein combat et dans l’exercice même de ces ministères de zèle, qui l’empéchèrent, suivant le mot de Bretonneau, « de se menager autant qu'il estoit necessaire. » Ce n’était pas l’heure des ménagements, et le mourant n’en voulait pas de la part de ceux à qui 1l demandait de lui dire la vérité qu'il avait prêchée tant de fois. Ses dernières paroles, que rapporte la préface de Bretonneau, ainsi que la lettre circulaire de son supérieur, ne furent pas la moins éloquente de ces exhortations «à bien vivre pour bien mourir », qu’il avait, disait-il, tant de fois donnée aux autres.

Le récit de la mort de Bourdaloue n’est nulle part écrit avec plus de vérité que dans la relation rédigée par le P. Léonard de Sainte-Catherine de Sienne. Aussi me garderai-Je de renvoyer: aux notes en dehors du texte uu document aussi précieux, On sait la puissance d’information dont disposait cet infatigable collectionneur de nouvelles, le soin avec lequel il les contrôlait et sa « conscience » à se rectifier lui-même. On aura des preuves dans cette relation ? :

Le R. P. Bourdaloue, Jesuite, vn des plus habiles et eloquens prédicateurs de son temps. mourut le 13 3 de ce mois, à 5 heures du

1. C’est la relation du Père Léonard qui nous donne ce détail dûment contrôlé, p. 967, v. la note 2.

2. L'éloge du P. Léonard n'est plus à faire: je puis renvoyer à la préface de M. de Boislisle, en tête du premier volume de son Saint-Simon (Avertissement de son édition, t. 1, p. xLvI), et parmi les témoignages récents, à ce qu'écrivait deluile P. H.Chérot dans son Iconographie de Bourdaloue, p.11 et 12, où il a cité un « portrait » de ce nouvelliste exact, tracé par le P. J. Brucker dans les Etudes du 20 mai 1900.

3. « Le P. Léonard avait mis d'abord: « la nuit du 12 au 13 »et a effacé. » (H. Chérot.)

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