SERMON DU JOUR DE NOEL D
108%, le Mercure qui ne signale cependant que les principales, en cite deux dans son numéro de décembre, réglant «Particle vu », celui qui concédait l’exercice du culte « à tous Seigneurs... (réformés).. ayans.. haute Jjusüce ou plein fief de Haubert (comme en Normandie) !. »
La seconde déclaration relative à l'article 24 des arlcles particuliers, reprend la question des synodes touchée en 1663, puis par arrêt du 10 octobre 1679 portant leur suppression. Les deux déclarations sont
données par le Mercure comme ayant été enregistrées le |
21 novembre 168/.
Ce serait peut-être assez pour expliquer l’expression dont s’embarrassait trop Rochebilière ?. En tous cas, le témoignage de Dangeau sur le vice que Bourdaloue
nostre Archevesque avoit dressé suivant le résuitat de la dernière assemblée du Clergé. Tout se passa avec un grand respect pour les ordres du Roy, & avec beaucoup de doucèur & de charité de part & d'autre : ce qui doit faire esperer que Dieu benissant cet ouvrage, il aura un heureux succez pour le bien de la Religion (p. 336).
1. Soulier, L. c. pp\ 34-52. Cf. p. 527, p. 531, déclaration donnée contre le sieur de la Mezangère, lui interdisant exercice du culte en cette terre tant qu'il sera domicilié à Rouen, 13 juillet 1682.
2. Les scrupules de Rochebilière sur les mots l'« hérésie abattue » dans le sermon que Dangeau nous aide à dater du 25 décembre 1684 auraient disparu à coup sèr,s'il avait fait attention aux nouvelles courantes relatives à la religion protestante. Outre les édits de 1684, qu'on lise, au Mercure de janvier 1685 les pièces de toute sorte, sonnets ou autres « rimes » qu'on envoyait de partout avec ces titres : sur l'Ilérésie aux aboïis, sur les édils contre Les prélendus réformes, elc. et les nouvelles de conversions isolées ou en masse. Cf note i, du livrer.
Ainsi un certain M. de Grivagere, de Falaise, envoie un sonnet à l'occasion des nouveaux édits, où on lit ces vers:
Détruire l'Hérésie insolente et rebelle C'est l'unique triomphe où prétend ce grand Roy. Quel autre peut donner une gloire plus belle ?
Le Mercure de février rappelle les arrêts du 8 et 17 janvier relatifs à la Taille, et il donne. p. 14, cette nouvelle concernant la cour : « M. de Sourche grand Prevost ayant receu ordre de Sa Majesté, de ne soufrir aucun Calvinistes ni autres Heretiques parmi les marchands Privilegiéz qui sont sous sa charge, a fait aussi publier une Ordonnance du 9 dernier Mois... » — On lit, p. 319, un nouveau sonnet sur les soins que le Roy prend de détruire l'Heresie.
Ses Ennemis destruits estoient tous aux abois 11 leur donne la Paix, & n’a plus d'entreprise Que contre des Sujets qui dechirent l Eglise...
demande à Sa Majesté d'exterminer date suffisamment le compliment final du sermon des Mystères, pour qu'on puisse placer, par une conjecture probable, à cette année, tout au moins celte allusion «aux monstres qu’il s’agit de bannir de la cour. » Les documents contemporains ne manquent pas pour établir que le honteux désordre süigmatisé par l’orateur était bien du temps. Monsieur, qui était à Saint-Eustache ce jour-là, aurait pu, d’après les bruits qui couraient sur son compte, prendre sa part des applications.
Un point cependant fait difficulté dans les documents cités par le P. Lauras, d’après les Mémoires de Sourches, sur les expulsions faites par le roi des divers seigneurs reconnus coupables de-ces honteuses pratiques. Elles sont signalées par le grand prévôt comme appartenant à l’année 1682, et le texte de Bourdaloue ne parait pas indiquer que des réformes aient été commencées déjà dans le sens indiqué par lui !. Toutefois la difficulté d’assigner une autre date à ce sermon de Noël, force à passer par dessus cette objection ?.
Parmi les auditeurs non indiqués par les gazettes de ce sermon du 25 décembre 168/, le Journal de La Bruyère dans la maison des Condé, de M. E. Allaire, nous permet d'enregistrer le duc de Bourbon, qui, nous est-il dit «se rapprochait de plus en plus du roi et de mademoiselle de
Mais bien loin de les perdre il fait comme un bon pere Qui ne leve le foüet sur des Enfans ingrats Que pour les obliger d'obeir à leur Mere.
On peut dire de l'auteur du sonnet, comme du roi qu'il glorifie que, si ses intentions étaient droites, le résultat n'en vaut pas mieux.
1. V. Lauras, t. 11, p. 59%. T. 1, p. 437. Sur l’allusion de Dangeau. V. Feugère, p. 48. Cf. Pauthe, p. 70, mais ce sermon n’est pas « prêché à Fontainebleau ».
2. Ne faut-il pas rattacher au « compliment remarquable » et à l'avis que Bourdaloue y avait enveloppé ce détail relaté, le mercredi 28, par Dangeau: « On sut que le roi avoit parlé à Monsieur sur les mœurs de beaucoup de ses domestiques, et qu'il l'avoit prié de faire cesser le commerce de M. le chevalier de Lorraine avec madame de Grancey, ce que Monsieur lui promit». (Dangeau, t. 1, p. 85.)
Nantes » et entendit à Versailles ce compliment remarqué par Dangeau. Trop ambitieusement M. Allaire l’appelle «le programme politique d’un nouveau gouvernement î, » À noter à la fin de cette année 1684 la lettre datée du 9 décembre que le P. Général, Charles de Noyelle, envoyait à Bourdaloue pour le remercier de envoi de son éloge funèbre du père du grand Condé (Henri II de Bourbon), prononcé l’année précédente, presque à même date?. Remarquons surtout un témoignage, sur lequel je reviendrai, en 1698, à propos de la troisième édition du livre, celui de Germain Brice Ÿ, nommant, parmi les pères de la Maison professe « qui font à présent le plus de bruit », Bourdaloue, « dont les Sermons sont fort courus et écoutez avec beaucoup de fruit et d’applaudissement. Son vray caractere est la Morale qu'il débite avec une éloquence si délicate, si vive et si pénétrante, qu’il enlève tous ses Auditeurs. » Le P. Giroust est signalé aussi *.
V. Le Carême de Saint-Roch. — Les préparatifs de la Révocation de l’édit de Nantes.
Liste des Prédicateurs (p. 4). À Saint-Roch. Le Reuerend Pere Bourdaloüe, lesuite,
A Saint-Côme, est signalé Treuvé qui est qualifié de « sous-vicaire de S. André des Arcs. » On annonce ses prédications des dimanches et fêtes, et la preuve que ce
1. Celui de Mme de Maintenon « que le roi épousa vers cette époque », continue l'historien, auquel il faut laisser la responsabilité de ses aflirmations. V. Correspondant, 25 nov. 1874, p. 786. Cf. plus bas, note f du livre IV.
2. V. Bourdaloue inconnu, p. 86, et pièce justificative xu1, p. 194. — Bourdaloue, sa correspondance, 215.
3. Description nouvelle de ce qu’il y a de plus remarquable dans la ville de Paris, par M. B“* [Brice]. Bibl. nat. L. k/7 6000. ? tomes en un vol. T. 1, p. 189. Cf. plus bas, 1698, où je cite les éditions diverses du livre qui, à partir de 1694, cesse d'être anonyme.
4. « Le Père Girou dans un genre tout différent de prècher, ne fait pas moins de bruit & ne mérite pas moins de loüanges.»
protégé de M" de Sévigné est fidèle à son genre des «bons petits sermons par forme d’homélie », c’est la teneur de cet avertissement de la Liste « & tous les Jeudis à quatre heures du soir il expliquera en forme d’homélie l'Evangile du jour !. » |
A remarquer parmi les noms des capucins qui à Saint- Etienne du Mont « feront la Mission pendant tout le Caresme, durant lequel temps il y aura tous les Jours quatre Actions », le P. Honoré de Cannes, que nous rencontrerons à l’occasion du carême de 1686 à Montpellier ?.
Parmi les confrères de Bourdaloue, La Rue occupe la chaire de la Maison professe, et Gaillard prêche pour la seconde fois devant le roi.
C’est le 2 février que commençait selon l’usage, sa station. « L’après-dinée, dit sèchement Dangeau, il y eut sermon. Le père Gaillard prêcha. » Et il ajoute, n’ayant pu encore consigner ce détail dans son Journal qui ne commence qu'au 1* avril 1684 : «C’est toujours le prédicateur qui doit prêcher le carême qui prêche le jour de la Chandeleur *. » Le P. Alleaume, précepteur du duc de
1. Faydit donnait ce carême aux religieuses de la Visitation du faubourg Saint-Jacques; M. Brisacier, supérieur, et M. Tiberge, directeur des A{tssions élrangères, étaient inscrits pour l'abbaye royale de Notre-Dame des Bois. Fénelon, outre le sermon du vendredi saint au Carmel du faubourg Saint-Jacques, est marqué pour «tous les Dimanches et Festes » dans sa maison des Nouvelles-Catholiques, où M. l’abbé Bertier (David-Nicolas) un de ses amis et anciens collaborateurs de Saintonge, premier évêque de Blois en 1697, était inscrit pour tous les vendredis. Au Carmel de la rue du Bouloy, on devait entendre du Jarry,
2. Après avoir parlé des capucins établis à Montélimart, le Mercure du mois de mars parle au long de la mission clôturée le 17 mars, mardi saint dans l'Eglise de Saint-Sulpice « Mission que vient d'achever le Pere Honoré de Cannes, avec le Pere Claude de Paris & vingt autres capucins. Elle a eu tout le succez qu'on en pouvoit souhaiter, tant par le nombre des Restitutions considérables qu'on y à faites, que par des conversions surprenantes, de grandes reconciliations & plusieurs pratiques de Penitence, qui ont fait connoistre la parfaite resolution où l’on estoit de renoncer aux plaisirs du Monde... Cette Mission estant achevée les mesmes Capucins en recommencèrent une dès le lendemain dans l'Eglise de Saint-Etienne du Mont, » (P. 301). Sur le P. Honoré de Cannes, v. plus bas, en 1696.