TÉMOIGNAGE DE BURNET SUR BOURDALOUE
l’auteur a relevé le passage dans lequel Bourdaloue exprimait ses espérances !.
Avant de retrouver, au mois d'août de cette même année une trace certaine de la présence de Bourdaloue à Paris, c’est le lieu d'émettre ici une conjecture, ou mieux de poser une question.
Ne serait-ce pas vers cette époque que Gilbert Burnet, le futur évêque de Salisbury, rencontra Bourdaloue? C’est après la mort du roi Charles Il qu'il vint en France. Le roi d'Angleterre étant mort le 16 février 1685, il semble bien qu'il faille attribuer à une erreur de dates la note que Sainte-Beuve a citée comme étant de l’année 1683 :
Le théologien et futur évêque anglican Burnet, qui était venu en France peu de temps auparavant (1683), et qui avait vu les hommes
1. Chérot, L. €. p. 71. « C’est pour ce Fils et pour ce Heros, » ete, V.ed. princeps, t. vi, p. 439. Le P.Chérot qui cite, d'après Dangeau, les dévotions faites à Saint-Sulpice, au 10 juin pour la Pentecôte, aurait pu apporter un témoignage plus ancien, celui de Sourches. Il a eu raison de souligner aussi dans l’oraison funèbre de Condé les mots par lesquels l’orateur rappelle la réalisation de ce pressentiment qu'il avait exprimé quatre ans auparavant (p.72, et dans l'éd. des Sermons, t. vint, p. 487.) — Sainte-Beuve qui insinuait tant de choses dans les notes, après avoir reconnu que, peu de temps après le discours de 1683, le vœu de Bourdaloue, qu'il cite, avait été exaucé et que Condé s'était sincèrement converti, se demande insidieusement si la parole de Voltaire donnant à entendre que « deux ans avant sa mort, l'esprit de Condé s'était totalement affaibli », ne serait pas fondée. Il oppose la façon affirmative dont Bossuet parle des derniers moments de Le Tellier à ce qu'il dit de Condé mourant. Il est vrai que Sainte-Beuve en appelle pour se rassurer au témoignage de Bourdaloue, qui, dit-il, « assista et prépara le héros dans les deux dernières années » et « l'entendit à l'heure de la mort... » Le critique avait raison de maintenir la lucidité d'esprit que Condé avait à l'heure de sa conversion, et même à ses derniers moments, mais ce n'est pas à Bourdaloue qu'il faut demander une réponse de visu. C’est une erreur de montrer Bourdaloue près du lit de mort du héros : Bourdaloue n'y fut point présent ; mais ce serait un scepticisme étrange de ne s'en point rapporter aux témoins de «la fin du grand Condé », Bergier, de Champs, Gourville enfin, dont la parole vaut amplement les doutes de Voltaire, V. Chérot, Trois éducalions princières, p. 290. Sainte-Beuve, Causeries. t. 1x, p. 278, n. 1 ; Revue des Questions historiques du {er janvier 1901. La mort du grand Condé, d'aprés Hérault de Gourville, par M. Albert Hyrvoux, p. 194 et 206. Il y faut joindre aussi le témoignage très contemporain d'une lettre de Quesnel au P. du Breuil, du 15 janvier 1687 sur la mort chrétienne de M. le Prince, Correspondance. .., t.1, p. 74. «Il y avait déjà plus d'un an, écrit-il, qu'il avait fait une confession générale au P, Deschamps... p. 75.»