LA MÉTHODE DE BOURDALOUE
après des voies de contrainte, de «€ gagner les cœurs. » Bâville qui comptait pour cette difficile besogne, dans une œuvre ainsi entreprise à rebours, sur l’éloquence de Bourdaloue, lui faisait vraiment la part trop ingrate. Ces manières de voir, si communes alors, étaient bien de ce christianisme extérieur et administratif que Fénelon, dans une lettre célèbre et dure, mais point injuste, reprochera à Louis XIV t.
Un document jadis communiqué à Rochebilière est à citer à ce propos. Il a besoin cependant d’être jugé, car il manque d'équité et fausse l’histoire. Les préventions dont 1l procède accentuent à tel point des divergences imaginaires, qu'il présente les faits sous un jour inexact en prêtant à Bourdaloue une méthode de controverse contentieuse qui n’a jamais été son fait. Avouons toutefois que la prédominence trop marquée des raisonnements et une surabondance de preuves, quelque peu accablante, déjà reprochée à notre orateur ?, ont pu nuire à un succès que les circonstances de toutes sortes rendaient certainement précaire.
Cette pièce, bien que sans date, aura du moins Putilité de nous montrer Bourdaloue à lœuvre dans quelque conférence d’apparat, instituée durant ce carême. Rien d'étonnant du reste sur un terrain préparé par les dragons, que plus d’une fois Bourdaloue « après avoir longtemps et bien parlé, » n'ait gagné personne.
An 1685-80,
…… Etant aussi authorisez qu'ils estoient (les PP. de lOratoire) non-seulement aupres de M. de Baville, mais encore aupres des commandants du pays, le marquis de la Trousse, le comte de Tessé (depuis maréchal), le duc de Noailles, qui avaient tous pour la personne du P. de Chevigny # (leur ancien camarade d'armes) une
1. V. Revue des Sciences ecclésiastiques, mai 1901, p. 444. 2. V. plus haut, p. 468.