LE SUJET DES SERMONS DE MONTPELLIER
leurs pauvres sont assistez, comment ils visitent leurs malades : qui fait cela ? ce n’est pas l'unité de la foy, puisque hors de l'Eglise, ils ne peuvent avoir la foy : quoi donc? l’unité d’erreur, l'unité de mensonge, l'unité de schisme. Ce petit troupeau où ils sont tous ramassez, voilà ce qui les lie, voilà ce qui arreste leurs querelles... Quelle honte, que l'unité de la foy où nous vivons, fasse moins sur nous que ne fait sur eux l'unité d’une fausse reforme 1?
Mais füt-1l certain que les divers endroits des sermons où le protestantisme est en cause doivent être rattachés à la mission de Montpellier, nous n’aurions point pour cela beaucoup de dates exactes. La chronologie de ce carèême est en effet ce qui nous manque le plus. N'est-ce pas un rêve d’assigner aux diverses « journées liturgiques » qui composèrent ce carême commençant au 27 février, les sujets que put traiter le prédicateur ? Evidemment, nous le savons par les habitudes connues de Bourdaloue, et par l'exemple du sermon des Cendres, c’étaient des sermons déjà prêchés que devait reprendre l’orateur, mais comment en conclure que des titres, même indiqués formellement par des relations, nous puissent conduire sûrement à retrouver le texte prononcé à Montpellier à telle date.
On doit donc se demander sur quelle base repose cette double note, recueillie dans les papiers de Rochebilière relativement au carême de Montpellier * :
30 mars 1686. — On assure que M. de Montpellier (Charles de Pradel), a écrit au P. Bourdaloue d’une manière peu avantageuse 5,
Avril 1686. — Sermon du P. Bourdaloue sur la Madeleine #.
Je n’accorde point grande confiance au renseignement
1. T. v, p. 457. On voit que Feugère avait dù négliger de contrôler dans leur contexte les passages qu'il allègue p. 20?, et que l’aflirmation de Weiss est sujette à caution.
2. Mss. de la Bibl. nationale, fonds français, n° 23498. Donné par le P: Le Lasseur. (R:)