Premier Avant, 4« dim., t. L
BOURDALOUE THÉOLOGIEN i8i
OÙ.... il n'y a que la eolère de Dieu qui agit : au lieu que la pénitence, par un heureux mélange de la colère et de la miséricorde divines, de la colère divine dont elle fait Toffice, et de la miséricorde divine qu'elle attire, est la juste et entière satisfaction que Dieu attend du pécheur *. » Voilà, je pense, de la théologie, et de la plus subtile. Bourdaloue n'hésite pas même à prononcer devant son auditoire profane les termes techniques de l'école. Tantôt, pour établir l'efficacité des indulgences, il distingue dans le péché la coulpe et la peïne^ c'est-à-dire l'offense qui ne peut être remise que par le sacrement de pénitence ou par la contrition parfaite, et le châtiment temporel dont les indulgences nous peuvent exempter ^, Tantôt il distingue « les peines médicinales, les peines satisfactoires et les peines méritoires^. » Toutefois l'emploi de semblables formules est rare chez Bourdaloue. En général, il évite les curiosités ; il n'a garde d'embarrasser sa prédication morale d'un trop lourd bagage théologique. Son but est d'instruire pour réformer ; son enseignement contient l'essentiel, et né^^lige le superflu, qui surchargerait l'instruction au détriment de l'efficacité pratique. Mais cette réserve habituelle, on le voit, ne se doit point attribuer à une sorte de respect humain et à la crainte d'effaroucher les oreilles mondaines. Bourdaloue n'éprouve pas les mêmes scrupules que Massillon à se montrer théologien ; il ne s'interdit nullement d'initier ses auditeurs aux secrets de cette science dont il Connaît les profondeurs et les subtilités ; quelquefois même il ne renonce pas sans peine à leur communiquer les résultats de ses longues études et de ses vastes lectures.
La théologie de Bourdaloue est empruntée tout entière aux Pères de l'Église et aux Docteurs du moyen âge. Mais on peut dire aussi que la théologie de ces Pères et de ces