Préface du P. Bretonneau, etc
fais aujourd'hui goûter la pauvreté que j'ai choisie, c'est toi qui m'en découvres le trésor, c'est toi qui me la fais préférer à tous les établissements et à toute l'opulence du
monde* w — «Quoique je ne puisse, dit-il ailleurs, savoir
avec assurance si je suis en grâce et digne d'amour, permettez-moi néanmoins. Seigneur, de faire ici cette confession publique. Je ne sais si vous êtes content de moi, et je reconnais même que vous avez bien des sujets de ne l'être pas; mais pour moi, mon Dieu, je dois confesser à votre gloire que je suis content de vous, et que je le suis parfaitement ^. )) Un autre jour encore, il oppose complaisamment les avantages de l'état religieux aux épreuves, aux peines, aux difficultés du mariage qui devient souvent « un enfer ^. » Tout au contraire « les consolations célestes )) qu'il goûte sont pour lui comme « un paradis anticipé *. » Animé d'une affection filiale pour un ordre aucjuel il faisait profession « de devoir tout ^ » il eut toujours le vif désir d'honorer la Société de Jésus, de la défendre et de la venger.
On ne saurait refuser à cette société l'art de connaître les hommes, de discerner et d'éprouver leurs aptitudes. Mais l'extraordinaire facilité de Bourdaloue dans tous les genres d'études rendait pour lui ce discernement malaisé. On put se demander un instant si ce jeune religieux n'était pas un géomètre de grand avenir, tant il apportait dans