‹ Bourdaloue, sa prédication et son tempsChapitre 124 sur 341 · T. IX, p · texte numérisé non relu

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bien. Aussi prend-il un malin plaisir à couvrir ses p rigoureuses exigences de l'autorité des Docteurs prétei relâchés.

a Que je ramasse dans ce discours, dira-t-il par exemple, t qu'enseignent les théologiens, je dis les théologiens les plus dérés et les plus éloignésde porter les choses jusqu'à l'excès^ indiscrète sévérité; je dis môme, si vous voulez, les plus c modes et les plus soupçonnés, soit avec sujet , soit sans de pencher vers le relâchement ; que je ramasse, dis-je, toutceqi enseignent et qu'ils soutiennent être d'une obligation étroit conscience, et à quoi néanmoins la conscience des plus : contre eux et contre leur morale n'est pas dans la dispc de se soumettre ; tout commodes qu'on les prétend, « rapporte ici, sans y rien ajouter, et dans les termes les

simples, leurs décisions : il y en aura peu dans cette as

blée que je ne confonde, et peut-être, intérieurement, que l'évoltc ^ »

Et dans son sermon sur r Aumône, après avoir fait devoir absolu à ses auditeurs de donner non-seulement superflu, mais encore, dans certains cas, une partie de) nécessaire, Bourdaloue ajoute avec une fine bonhomie :

« Telle est ma pensée ; et ce que je pense n'est point < qui s'appelle morale sévère, puisque c'est la morale même ( ceux qu'on a le plus soupçonnés et accusés de relâchement *.

On a dit de Bourdaloue qu'il était la meilleure rép que les jésuites eussent faite aux Provinciales. R( victorieuse en effet, non pas seulement parce que i'î: grité du caractère et la sainteté de la conduite, qui forçj l'estime des adversaires eux-mêmes, faisaient de Boa loue le vivant témoignage de toutes les vertus qui pou^ encore trouver un asile dans cette Compagnie si décriW mais aussi parce que, dans sa prédication, il n'épargnait censures à aucun des désordres que les jésuites, sclo

1. Premier Aven t, 3« dim., sur la Fausse conscience^ 1" partie, t p. 110.

2, Carême, 1" vendredi, sur fA^mône^ 2» partie, t. II, p. 128.

îal, avaient pour mission d'autoriser. Donnons-nous le sir de mettre vis-à-vis l'un de Tautre Pascal et Bourue, et de les consulter tour à tour : il n'est peut-être un seul des reproches adressés aux jésuites par l'auteur Provinciales qui ne trouve sa réponse dans quelque ,ge des Sermons.

sait par quel ingénieux et perfide artifice c'est un

ite qui, dans les Provinciales, expose lui-même les

nés de la compagnie. Pascal, persuadé que « les

jes valent toujours mieux dans leur source*,» va

ver un casuiste de la Société : il n'a pas de peine « à

Lettre en train ^ ; » il feint de se laisser instruire ; il n'op-

eiu bon Père que les objections capables de le pousser

loin, et celui-ci, ne soupçonnant pas sans doute que

interlocuteur est un Pascal, lui découvre avec un

it mélange d'empressement et de confiance naïve

habiletés corruptrices qui détruisent la morale chré-

ne sous prétexte d'en faciliter la pratique. Deux doc-

B8, imaginées par les casuistes de la Compagnie, four-

ent au jésuite des Provinciales les principes commodes

t il a besoin pour autoriser tous les relâchements et

es les capitulations de la conscience. L'une est la

trine des opinions probables . « C'est le fondement et

JC de toute notre morale , » dit le jésuite. Toute

lion probable peut être suivie sans aucun scrupule :

opinion est problable lorsque elle est fondée sur des

ns de quelque considération, d'où il suit qu'un seul

leur fort grave peut rendre une opinion probable; or

sans dire que tous les Docteurs de la Société sont

irt graves. » L'autre doctrine est celle de la rectitude

ntion : sachez diriger adroitement votre intention,

e le mal, non pas pour le mal lui-même, mais en vue de

que résultat bon ou permis, et l'action mauvaise n'est

iéfendue : « Nous corrigeons le vice du moyen parla

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