Ibid
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pureté de la fin. » Ces deux doctrines, Pascal ne les ] i pas tout d'abord dans la bouche du jésuite : il n*a ga Ce serait donner à croire que les Pères partent de cerfa principes pour arriver ensuite aux applications, et leni doctrine, si pernicieuse qu'elle fût, conserverait peut-ôtw encore une ombre de raison, une apparence de solidité. Mais il n'en va point ainsi. Non, ces complaisants ihéoh' giens n'invoquent point de principes établis à Tavai ; ils établissent des principes pour justifier, selon le h in, les actes particuliers. Aussi, c'est dans la première le! que le jésuite de Pascal expose la doctrine des « Prot» bilités ; » ce n'est que dans la septième qu'il arrive à k « méthode de diriger l'intention. » Le moment est vem où il lui faut quelque nouvelle découverte pour autoriser le duel et l'homicide. Qu'elle est habile, piquante et maHcieusement ménagée, cette composition des Provinciaksl Jamais plus subtil poison ne fut distillé d'une main plus adroite.
Mais, après Pascal, ou plutôt après le jésuite qu*il met en scène, écoutons le nôtre, Bourdalouc. Quelle doctrine a-t-il professée sur la probabilité et sur la méthode de diriger l'intention?
Dans un sermon sur la Purification de la Vierge, il fait voir que Marie et Jésus-Christ même ont donné l'exempte d une soumission parfaite et rigoureuse h la loi. Non veni salve re legem, sed adimplere,
« Ainsi, dit-il, le christianisme a commencé par une obéissance qui auécintil loiit ce qu'une vainc subtilité peut nous suggérer contre les saintes lois que la religion nous impose; par une obéissance qui condamne saus réserve tant de dispenses abusives que nous nous accordons, tant do singularités odieuse* (|ue nous alTcctons, tant d'exceptions du droit commun cjue nous couvrons du voile d'une prétendue nécessité, tant de raisonnements frivoles et mal fondés, tant d'opinions hardies et tr4>l* lai'gcs, tant de probabilîtcs chimériques, tant de détours et«^* raffinements où nous altérons la pureté de la loi *. »
1. Mystères. l«f àerm, sur la Purification, 1^*^ partie,!. XJ, p. Il5-li^
Que nous sommes loin des théories accommodantes 16 Pascal prête à son interlocuteur! Pouvait-il exister s « probabilités chimériques » pour ce théologien facile il donnait des opinions probables une définition si large, qui autorisait le chrétien à les suivre toutes, même celle il Test moins, de préférence à celle qui Test davantage? ilon Bourdaloue, suivre la loi commune, éviter de faire ception, voilà la seule doctrine probable, et, s*il fallait lOisir, la plus probable, à ses yeux, serait la plus sévère. Je suis bien aise d'avoir trouvé ce moyen de vous souder sans péché; allez, vous n'êtes point obligé à jeû- T S )) dit le jésuite des Provinciales quand il a enfin ^couvert un motif de dispense applicable à celui qui le •nsulte. — En ce qui regarde la loi de Dieu, répond Bour-
oue, « le seul nom de dispense nous doit faire tremer *. ))
Sur la rectitude d'intention, Bourdaloue n'est pas moins
égorique.
« Quand il s'agirait de convertir et de sauver tout le monde, eu ne voudrait pas que je fisse un mensonge, quoique léger, , jusque dans cette circonstance, il s'en tiendrait offensé, aand il s'agirait de procurer à Dieu toute la gloire qui lui jut être procurée, Dieu ne veut point de cette gloire à une lie condition. Il veut que j'abandonne même le soin de sa oire plutôt que de commettre le moindre péché ^, »
Si Pascal avait entendu un jésuite condamner avec îtte force les doctrines abusives de la Probabilité et de la îctitude d'intention, il n'aurait plus eu de motif de comaltre ni de railler : Bourdaloue, venu trente ans plus tôt, pndait les Provinciales impossibles.
« Nous avons donc, dit le jésuite de Pascal dans une numération plaisante qui transforme les bons Pères en les charlatans faisant valoir leur marchandise afin de la
l- Ciaquiëme lettre.