‹ Bourdaloue, sa prédication et son tempsChapitre 130 sur 341 · Huitième lettre · texte numérisé non relu

Huitième lettre

3. Dominicales, 22« dira., ap. la Pentecôte, t. Vlï, p. 279-280.

de Pascal citait les maximes imaginées par les Docteurs de la Compagnie en faveur des banqueroutiers ^

Nous avons vu déjà combien est rigoureuse aux yeux de Bourdaloue Tobligation de Taumône.

« C'est une vérité incontestable que la loi de Dieu nous oblige à soulager les pauvres par nos aumônes... Et ne pensons pas que ce devoir ne regarde que certaines nécessités des pauvres plus pressantes et plus rares :... » il regarde « leurs besoins communs, tels qu'ils se présentent tous les jours à nos yeux;... un chrétien qui formerait, ou qui forme en effet cette résolution, de ne faire l'aumône que dans les dernières nécessités des pauvres, dès là commet un péché grief, et perd la grâce de Dieu, parce qu'il est dans une disposition criminelle, et dans une volonté directement opposée à la loi de Dieu... Et si la nécessité des pauvres devenait extrême, non-seulement vous y emploieriez le superflu, mais le nécessaire même de votre état ^. »

Le jésuite des Provinciales ne parlait pas du « nécessaire, » lui qui n'exigeait même pas qu'on donnât le « superflu. )) — « N'est-ce pas, demandait-il d'un ton satisfait, n'est-ce pas encore une doctrine bien douce pour les avares de dire, comme fait Escobar ; Je sais que les riches ne pèchent point mortellement quand ils ne donnent point l'aumône de leur superflu dans les grandes nécessités des pauvres ^ ? »

Quand on est si doux pour les avares, comment se montrer dur pour les gourmands? Ce serait une inconséquence que le bon casuiste de Pascal semble avoir mille raisons de ne pas commettre; car c'est avec une satisfaction marquée qu'il cite l'opinion d'Escobar appuyé de Sanchez « sur le sujet de la bonne chère, qui passe, dit-il, pour un des plus grands plaisirs delà vie. » — «Est-il permis déboire et de

1. Bourdaloue dira encore : « Je doute si ce bien m'est légitimement acquis, et toutefois, sans nulle recherche, je le retiens et j'en dispose : c'est comme si je l'enlevais par une violence ouverte. » Sur tAveuglemeiit spintuel, t. III, p. 286.

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