‹ Bourdaloue, sa prédication et son tempsChapitre 132 sur 341 · Neuvième lettre · texte numérisé non relu

Neuvième lettre

4. Carême, Sur In Cérémonie des CendreSj2^ partie, t. II, p. 62-63.

Mais c'est principalement sur le sacrement essentiel de la vie chrétienne, le sacrement de pénitence, qu'éclate l'opposition entre l'esprit de Boùrdaloue et la casuistique relâchée. La confession exacte, complète, absolument sincère, accompagnée du repentir profond pour le passé et de la résolution ferme pour l'avenir, c'est assurément le plus grand effort qui ait jamais été imposé à l'amour-propre de l'homme, le plus prodigieux sacrifice qui se puisse obtenir de son orgueil. Le casuiste des Provinciales aurait laissé son œuvre inachevée s'il n'avait ôté à ce sacrifice tout ce qu'il a de pénible, et rendu la confession a aussi . aisée qu'elle était difficile autrefois K » Selon Boùrdaloue, ces facilités sont précisément contraires à la nature même de la pénitence, et la détruisent dans son principe. Car (( la pénitence est une vertu qui doit faire en nous la fonction de la justice de Dieu et de la colère de Dieu : de la justice de Dieu pour nous condamner, et de la colère de Dieu pour nous punir ^ » Aussi les sermons sont-ils remplis de rigoureux anathèmes contre ces pieuses finesses, contre ce saint artifice de dévotion dont Pascal fait honneur aux Docteurs de la Société.

Ainsi le jésuite de Pascal permet au pécheur de dissimuler habilement les circonstances qui aggravent sa faute. — « On se juge et on se condamne, dit Boùrdaloue ; mais, par un malheureux secret d'abréger les choses, de dix péchés qui ont été pour ainsi dire compliqués, et d'un enchaînement nécessaire entre eux, on n'en avoue qu'un, et cela parce qu'on n'envisage que la substance du péché, » et qu'on ne dit pas n tout ce qui l'accompagne et tout ce qui la suit... Mais Dieu vous le dira, et c'est ainsi que dans son jugement il mettra iniquité sur iniquité '. »

Le jésuite de Pascal n'apporte pas de moindres adou —

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