‹ Bourdaloue, sa prédication et son tempsChapitre 158 sur 341 · Maximes et véftexlom sur In Comédie · texte numérisé non relu

Maximes et véftexlom sur In Comédie

les désigne souvent, résume assez exactement ce qu'il pense d'eux : ce sont les pharisiens de la loi nouvelle. Il est permis, sans donner dans aucune de leurs erreurs, d'être moins rigoureux.

Que le mot de jansénisme désigne une hérésie réelle et non imaginaire, que le dix-septième siècle ait en effet vu naître une doctrine hétérodoxe dont Jansénius fut le père et le parrain, Saint-Gyran le propagateur et l'apôtre, doctrine qui exagérait certains dogmes du christianisme et supprimait les autres ou en tenait peu de compte ; qui ne voulait voir dans l'homme que la créature tombée et à jamais pervertie, annulant pour ainsi dire la réparation de la chute par la rédemption et la régénération par le baptême; qui, dans les difficiles problèmes de la prédestination et de la grâce, accordait tout à 1* volonté arbitraire de Dieu, et rien à la liberté ni aux mérites de l'homme; qui condamnait à une radicale impuissance notre raison comme notre volonté, et qui se réduisait en dernière analyse à ces deux termes : scepticisme philosophique, fatalisme théologique; que cette doctrine se soit produite, enseignée, répandue ; qu'elle ait, je ne dis pas fait beaucoup d'adeptes, mais imprégné en quelque sorte beaucoup d'esprits : c'est ce qui ne fait plus question. En vain Port- Royal a-t-il voulu donner à croire que le jansénisme était une invention de ses ennemis : cette prétention n'est pas soutenable. Qu'importe que les cinq propositions fussent ou non expressément tirées de Jansénius, si elles étaient, comme l'a dit si justement Bossuet, « l'âme de son livre *?» Cette distinction subtile du fait et du droit n'était au fond qu'une échappatoire, qu'une chicane sans sincérité. Qu'un semblable artifice eût été imaginé par leurs adversaires, c'est alors que les jansénistes auraient crié à l'équivoque et à la mauvaise foi. En se retranchant dans cette position

1. Lettre de Bossuet au maréchal do Bellofonds du 30 septembre 1677. — Voy. aussi la Lettre aux Religieuses de Port-Royal j et Beausset, Histoire de Bossuet, t. I, p. 188 sqq., 460 sqq., et t. IV, p. 330 gqq.

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