‹ Bourdaloue, sa prédication et son tempsChapitre 18 sur 341 · Vie de Bossuety 1. 1, p · texte numérisé non relu

Vie de Bossuety 1. 1, p

qui conduisaient lès âmes dans des sévérités excessives. » La princesse de Conti « témoigna par quelque geste en être blessée. Ce qu'ayant remarqué, et n'étant pas bien aise d'être mal dans son esprit, il la vint voir pour justifier ce qu'il avait dit : mais elle lui parla d'une manière admirable, ainsi que je l'ai appris d'une personne qui était présente, ou à qui elle le raconta aussitôt après. Elle lui avoua que cette dernière partie de son sermon l'avait fort Scandalisée ; qu'elle ne pouvait souffrir qu'on parlât dans des sermons publics contre les directeurs sévères ; que cela donnait occasion aux peuples de fuir la conduite de tous ceux qui tâchaient de faire marcher les âmes par la voie étroite de l'Évangile % » etc.. Arnauld, racontant ce fait bien des années après, n'a que des paroles d'admiration pour la princesse, dont il vante «la justesse d'esprit et la droiture de cœur : » il n'accorde pas à Bourdaloue même le plus banal hommage. On voit assez qu'il n'a guère plus de bienveillance pour lui que pour le reste de la Société, et M. Sainte-Beuve semble un peu témérairequand il écrit : « Arnauld, j'en suis sûr, aurait applaudi Bourdaloue ^ »

Dans un Mémoire touchant les infractions de la paix de Clément IX ^ qui devait être présenté au roi par madame la duchesse de Longueville, et qui fut rédigé vers 1676, Bourdaloue était l'objet d'une dénonciation haineuse et violente. « Le Père Bourdaloue, célèbre par ses prédications, et plus célèbre encore, s'il se peut, par son zèle amer et par ses emportements, dit il n'y a pas longtemps que les jansénistes étaient des hérétiques très-dangereux, et qu'ils ne haïssaient les jésuites que comme les loups haïssent les chiens du berger. On ne peut s'empêcher de faire remarquer en passant la charité de ce bon religieux, qui lui fait prendre pour des bêtes farouches tous ceux

1. Difficultés sur le livre des Éclaircissements ^ etc.. (Euvres complètes d' Arnauld, t. XXVI, p. 176. Cet écrit est daté de 1680.

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