‹ Bourdaloue, sa prédication et son tempsChapitre 181 sur 341 · Sur h Prière, t. VI, p · texte numérisé non relu

Sur h Prière, t. VI, p

sanctuaire, ce qui produit la sainteté, ce qui opère le mérite, ce qui enrichit l'àme des vertus, doit avoir dans notre estime une préférence infinie sur ce qui n'est que pure grâce et que pure faveur : et comme la foi nous enseigne que le moindre degré d'humilité, de charité, de patience, est quelque chose, selon Dieu, de plus estimable que le don de faire des «ûracles et de ressusciter les morts, parce que le don des miracles est une grâce infructueuse qu'ont eue quelques sakits, mais qui n'a point aidé à les faire saints, et sans laquelle il y en a eu d'aussi saints et de plus saints ; aussi, du même principe devonsnous conclure que le moindre degré de cette oraison où Tâme, par un usage libre de ses puissances, et fidèle à la grâce de son Dieu, travaille à se' purifier et à se perfectionner, qui est l'oraison commune, quoique moins élevée, vaut mieux et est d'un mérite plus grand que toutes les extases et tous les dons imaginables, où l'on suppose l'âme sans action et dans le repos de la contemplation : pourquoi? parce que Dieu, encore une fois, ne discerne point les élus par la sublimité, mais par la fidélité ; et parce que toutes les extases ne sont pas comparables, dans l'idée de Dieu, à la moindre vertu acquise parle travail d'une humble prière K »

Bourdaloue demande donc que roraison même soit agissante, efficace, qu'elle nous ronde non-seulement plus sublimes, mais plus parfaits. Devenons-nous meilleurs par la prière, voilà le signe qu'elle est bonne et agréable à Dieu. C'est ce que Bourdaloue enseigne non-seulement aux fidèles, mais aux religieux, mais aux filles mêmes de sainte Thérèse, à ces carmélites dont la vie, toute consacrée à l'adoration et h la contemplation des choses divines, pouvait, ce semble, mériter des faveurs particulières et des grâces plus hautes. Le sage prédicateur les met en garde, aussi bien que tous les autres, contre les dangers de l'oraison sublime. Il leur recommande d'avoir pour suspecte « toute singularité, toute voie extraordinaire, tout ce qui éloigne des chemins les plus battus '. » Il leur propose l'exemple de leur sainte et glorieuse mère, qui

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