‹ Bourdaloue, sa prédication et son tempsChapitre 186 sur 341 · Sur la Prière, t. VI, p · texte numérisé non relu

Sur la Prière, t. VI, p

d'esprit chrétien qu'on ne rencontrerait pas à un degré supérieur chez Bossuet lui-même.

Le principe essentiel et fondamental du système politique soit de Bourdaloue, soit de Bossuet, c'est le droit divin. Nous n'essaierons point de réhabiliter dans les conséquences qu'on en a tirées, et que quelques-uns en tirent encore , ce principe devenu odieux à la plupart, et condamné aujourd'hui avec l'ordre politique et social dont il était la base, avec les abus qu'il couvrait et semblait pe^ pétuer. Peut-être ne mérite-t-il pas cependant toutes les haines déclamatoires que son seul nom a le privilège de faire naître, et assurément il mériterait d'être mieux connu pour être plus équitablement jugé. Dégageons-le donc de la prédication de Bourdaloue, tel que Ta conçu cet esprit si grave et si chrétien.

Nous n'avons tous qu'un maître, le seul à qui appa^ tienne, selon l'expression de Bossuet, non-seulement ht majesté, mais « l'indépendance, » et ce maître, c'est Dieu. L'autorité divine est la source , le principe de toutes les autres. Tout homme qui exerce un pouvoir quelconque, civil ou politique, vaste ou restreint, permanent ou passager, le père dans sa famille, le magistrat sur son siège, le souverain dans ses États, tous ne font qu'exercer une partie plus ou moins considérable du pouvoir primordial et unique de Dieu. Point d'autorité légitime qui ne découle du Maître suprême, et qui ne participe de son droit. Si l'on s'en tient à ces termes généraux et abstraits, cette conception de l'autorité en soi n'est pas seulement la nécessaire conséquence de l'idée chrétienne : elle est rigoureusement rationnelle et philosophique pour toute raison et pour toute philosophie qui admet la personnalité créatrice de Dieu. Si le Dieu personnel et créateur existe, étant le Principe des principes, le Bien suprême et la Justice vivante, il est la source unique, la raison première de toute autorité légitime. La loi écrite, pour parler le langage de Platon, n'est que l'expression de la loi non][écrite; le droit humain n'est que le reflet de la Justice incréée. Tel est le

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