LIBERTÉ DE LA CHAIRE AU XYII® SIÈCLE
Encore le sermon sur l'Impureté. — Comment la conversion du roi ne répara pas le mal causé par ses désordres. — IX. Beaux cô es du xvii* siècle reconnus par Bourdaloue. — Pureté de mœurs conservée dans « les médiocres états de vie. » — Beaux exemples à la cour et dans la noblesse. — Courage. — Sentiment de l'honneur. — Fidélité au roi. — Grandes vertus dans le clergé. — « Racines de foi » se conservant au milieu du dérèglement. — Repentirs et conversions. — La nature même de la prédication de Bourdaloue fait honneur à son siècle. — X. Résumé et conclusion de la troisième partie. — Comment les peintures morales d s sermons de Bourdaloue répondaient à l'esprit de son temps. — L'étude de l'homme, caractère dominant de la littérature du xvii« siècle, et pourquoi. — Caractères différents de notre époque. — Le sermon remplacé par la conférence. — Intérêt et utilité que peut encore nous offrir la lecture de Bourdaloue. — Conclusion de toute cette étude.
Pour s'expliquer Timportance et roriginalité de la peinture des mœurs contemporaines dans la prédication de Bourdaloue, il faut se rappeler quel rôle et quelle puissance avaient appartenu dans la société chrétienne, et surtout dans notre pays, à l'éloquence de la chaire. Au moyen âge, avant l'invention ou la diffusion de l'imprimerie, la prédication était à peu près l'unique organe de publicité. Elle ne partageait guère ce privilège qu'avec le théâtre, qui se développa longtemps à l'ombre du sanctuaire, et dont les représentations, toujours religieuses par le sujet, n'étaient, à le bien prendre, qu'une autre sorte de prédication sensible et populaire. Plus tard, quand on eut les livres, mais non pas encore les journaux, la prédication chrétienne garda son ancien caractère d'actualité militante. De cette « formidable tribune que l'Église de France, dit M. Villemain, avait pour ainsi dire substituée à la puissante tribune de l'antiquité, » l'orateur pouvait aborder tous les sujets, s'occuper des affaires du temps, agiter toutes les questions, souvent même les soulever. C'est du haut de la chaire que les fanatiques de la Ligue exaltèrent la populace de Paris, et à l'époque de la Fronde, les partis politiques allaient, une fois encore, saisir cet instrument redoutable de la prédication, si l'autorité ecclésiastique ne s'y était opposée avec autant de fermeté que de sagesse *.