‹ Bourdaloue, sa prédication et son tempsChapitre 225 sur 341 · LA COUR SÉVÈREMENT JUGÉE · texte numérisé non relu

LA COUR SÉVÈREMENT JUGÉE

sermons que les censures, on concevrait du dix-septième siècle une impression trop défavorable; s'il est vrai que cette impression ait besoin d'un correctif, nous nous réservons de montrer à la fin que ce correctif, Bourdaloue luimême nous le fournit. Ce ne sera pas la faute de Bourdaloue ni la nôtre, si l'histoire impartialement consultée fait écho à la prédication, si elle atteste que cette disproportion entre le mal et le bien, qu'on voudrait attribuer seulement aux exigences de la chaire sacrée, était par malheur au dix-septième siècle une vérité de plus.

D'abord, comment Bourdaloue juge-t-il la cour dans son ensemble ? Car il trouve souvent et n'évite jamais l'occasion de la caractériser en quelques mots, de l'embrasser pour ainsi dire tout entière dans un rapide coup d'œil. Cette cour, dont la magnificence et la splendeur théâtrales ont si souvent ébloui la postérité, c'est, aux yeux de Bourdaloue, « le centre de la corruption du monde *, » a une école d'impiété ^, » « le siège de l'orgueil, » et « recueil de la sainteté^. » — « Les plus fortes vertus sont sujettes à y faire naufrage*. » C'est là que régnent « l'intérêt, l'orgueil, les adversions, les animosités, les envies, tout ce qui peut envenimer un cœur et l'endurcir*. » Parlant de l'accueil que reçut à la cour de Louis XI le pieux ermite François de Paule : « Vous étiez alors, ô mon Dieu, connu dans le monde, s'écrie Bourdaloue, et les cours des princes n'étaient pas des lieux inaccessibles à votre grâce ni à la piété chrétienne ®. » Mais au temps de notre prédicateur, on déplairait à « toute » la cour, « en reprochant

1. Mystères. 2^ serm. pour la fête de tous les Saints, 1" partie, t. XI, p. 304.

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