‹ Bourdaloue, sa prédication et son tempsChapitre 231 sur 341 · BASSESSE ET SERVILITÉ · texte numérisé non relu

BASSESSE ET SERVILITÉ

our de ceux du parti opposé qu'ils jugeaient y tenir quelque place, et que leur arrogance leur avait fait mépriser et haïr, surtout de voir avec quel embarras, quelle crainte, quelle frayeur ils se mirent à ramper devant la jeune princesse, tourner misérablement autour de monseigneur le duc de Bourgogne, et de ce qui l'approchait de plus près, et faire à ceux-là toutes sortes de souplesses * . » Bourdaloue, et ce n'est pas son moindre titre à notre estime, représentait sans cesse aux courtisans « toutes les bassesses qu'il en coûte ^ » pour arriver à la fortune ; il s'efforçait de les en faire rougir; il les rappelait au sentiment de leur dignité d'hommes et de chrétiens ; il opposait la sainte liberté des enfants de Dieu à cette servitude des flatteurs de l'homme.

« Quelle bassesse, s'écriait-il, en secouant le joug de Dieu, de s'imposer le joug de l'homme ; c'est-à-dire de ne plus vivre qu'au gré de l'homme, de ne plus subsister que par son crédit, de n'avoir plus d'autres volontés que les siennes ; de ne plus faire que ce qui lui plaît, d'être obligé sans cesse aie prévenir, à le ménager, à le flatter; d'être toujours en peine si Ton est dans ses bonnes grâces ou si l'on n'y est pas, s'il est content, ou s'il ne l'est pas ! Est-il un esclavage plus ennuyeux et plus fatigant? »

n osait faire retentir devant le roi la parole du Psalhiîste : Nolite confidere in principibus ^, et rappeler a les rigoureuses épreuves qu'on fait tous les jours de l'indifférence, de la dureté, de l'insensibilité de ces fausses divinités de la terre *. » Ou bien, commentant cette autre parole de saint Paul : Nolite fieri servi hominum ^, il énumérait avec une précision instructive tous les honteux sacrifices qu'impose cette captivité volontaire :

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