BASSESSE ET SERVILITÉ
statues de leurs empereurs, » quand il forma le dessein d'acheter une cave dans Téglise des Petits-Pères et de la pousser par-dessous terre jusqu'au milieu de la place des Victoires, afin de se faire enterrer précisément sous la statue du roi; quand «41 fonda les lampes perpétuelles qui devaient éclairer la statue nuit et jour *, » honneur réservé jusqu'alors au Saint-Sacremjent de l'autel; n'étaitce point servir les hommes « jusqu'à les substituer en la place du premier souverain Maître? » Et n'achetaient-ils pas la faveur « aux dépens de tous les intérêts de la conscience et du salut, aux dépens de leur âme, » ces « approbateurs perpétuais » de tous les désordres du prince : un La Rochefoucauld, d'abord « seul confident des amours du roi, et qui, le manteau sur le nez comme lui, le suivait à distance lorsqu'il allait à ses premiers rendez-vous * ; » un Villeroi, » galant de profession, parfaitement au fait des intrigues galantes de la cour et de la ville, dont il savait amuser le roi, qu'il connaissait à fond, et des faiblesses duquel il sut profiter ^ ; » un Langlée qui envoyait à madame de Montespan « cette robe d'or sur or rebrodée d'or, » cet « ouvrage des fées, » dont madame de Sévigné nous a laissé la vive et plaisante description *; un Dangeau qui, pour ne pas demeurer en reste, se chargeait de peupler la ménagerie de Clagny, et « ramassait pour plus de deux mille écus des animaux les plus rares et les plus chers qu'il pût trouver ^? » Ces combats de courtisanerie ne déplaisaient point ; on les encourageait, on les récompensait. La politique de Louis XIV y trouvait son compte, non moins que son orgueil. Gomme il n'avait rien plus à cœur que d'abaisser la noblesse, il la voyait avec plaisir se dégrader elle-même. Il voulait être le dieu dont tout dépend, et auquel tous doivent de l'encens. La flatterie