Voy. la lettre de Fénelon à Louis XIV
6. V. le sermon pour le mercredi de la 2« semaine de Carême et le chap. des Pensées, sur V Alliance de la piété, etc...
sans cesse contre le préjugé qui faisait de la naissance un titre suffisant pour occuper les plus hautes et les plus difficiles fonctions.
« C'est assez, selon le langage ordinaire, qu'un tel soit fils d'un tel, pour que le fils ait l'assurance de vouloir être tout ce qu'a été le père. Avec cela, quelle que soit son indignité et son incapacité personnelles, il n'y aura rien qu'il n'entreprenne : il" jugera, il commandera, il gouvernera, il décidera du sort et de la vie des hommes ; il sera, comme dit l'Évangile, sur le chandelier, lorsqu'il devrait être caché sous le boisseau... Un enfant, à qui Ton n'aurait pas voulu confier la moins importante affaire d'une maison particulière, a toutefois dans ses mains les affaires de toute une province et les intérêts publics. Il peut prononcer comme il lui plaît, ordonner selon qu'il lui plaît, exécuter tout ce qui lui plaît. On en souffre, on en gémit, le bon droit est vendu, toute la justice renversée : c'est ce qui importe peu à un père, pourvu qu'il n'en ressente point le dommage, et que ce fils soit établi *. »
Bourdaloue ne déplorait pas moins que la faveur l'emportât (( à l'exclusion du mérite ^, » et quoique le reproche s'adressât à ceux qui briguent la faveur plus qu'à ceux qui la donnent, cette parole était courageuse autant qu'opportune dans un temps où le roi nonmiait un ofHcier lieutenant-colonel pour lui avoir rapporté une perle qu'il avait perdue ^. a Avoir du mérite ou en avoir trop, disait plus hardiment encore Bourdaloue, c'est souvent une exclusion pour les emplois et pour les places, » et il osait ajouter qu'il y avait (( des mérites onéreux, des mérites incommodes, et même des mérites importuns ^. » Dès lors,
1. Carême. Mercredi de la 2^ semaine, t. II, p. 369; et Dominicales, 1er dim. ap. rÉpiplianie, sur le Devoir des pères par rapporté la vocation de leurs enfaiits^ t. V, p. 28.