‹ Bourdaloue, sa prédication et son tempsChapitre 240 sur 341 · Id., ibid · texte numérisé non relu

Id., ibid

l'usurpateur ^ ! » Pendant toutes ces « formalités, n l'impartialité des juges avait à subir de rudes assauts. On les allait voir; on s'efforçait de les gagner par des flatteries, de les séduire par des promesses. C'est une singularité d'Alceste de ne vouloir point visiter ses juges.

Philinte.

Mais qui voulez-vous donc qui pour vous sollicite?

Alceste.

Qui je veux ? La raison, mon bon droit, Téquité K

De pareils solliciteurs, quand on les a vraiment pour soi, suffisent aujourd'hui devant nos tribunaux ; mais aa temps d'Alceste, s'en contenter était chose fort ridicule.

« On ne s'étonne plus, disait Bourdaloue, de voir les juges gouvernés par celui-ci ou gagnés par celle-là s... Combien de familles ruinées parce que le bon droit, attaqué par une partie redoutable, n*a point trouvé de protection 1 combien de procès mal fondés, néanmoins hautement gagnés, parce que les sollicitations, la cabale et les brigues ont prévalu ♦ l »

L'argent surtout pesait d'un grand poids dans la balance de la justice. Accoutumés à faire entrer leur intérêt personnel en ligne de compte, et à considérer les jugements comme des affaires lucratives, beaucoup de magistrats songeaient moins au bon droit qu'à leur profit^ et Bourdaloue pouvait demander avec assurance :

« Où voit-on des riches passer par la rigueur des lois? dans Tjuel tribunal les punit-on? quelle justice contre eux obtienton, ou espère-t-on? quelle intégrité ne currompent-iis pas? quels arrêts si justes et si sévères n'éludent-ils pas? de quel

1. Second Avent. l^r dimanche, sur le Jugement dernier^ f partie, 1. 1, p. 267.

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