Lettres de Gui Patin, 5 octobre
plaisir aux gens de bien ^ » On voit assez que c'était pour les gens de bien un « plaisir » assez nouyeau/Ëncore ces espérances furent-elles trompées. Vingt-cinq ans plus tard, le chancelier Pontchartrain, honnête homme aussi, constatait (( la décadence de la magistrature, qui perdait le respect d'elle-même ^. » Mais il ne réussit pas mieux que ses prédécesseurs à arrêter cette décadence, tant la bonne volonté des hommes est impuissante contre des vices autorisés par les institutions et entrés dans les mœurs ' !
Si l'intégrité manquait souvent aux juges, serons-nous surpris qu'elle n'ait pas été l'apanage des hommes de fl* nance? L'inflexible rigueur de Golbert avait puni bien des malversations passées, et frappé d'un coup terrible, dans la personne de Fouquet, la dilapidation des deniers publics, scandaleuse sous le ministère de Mazarin. Tant que Golbert vécut, sa ferme vigilance empêcha le retour de beaucoup d'abus. Mais après lui les désordres reparurent, et les emplois de fmances continuèrent à passer pour presque incompatibles avec la probité. Dans son sermon sur la Devoirs des pères par rapport à la vocation de lew^ enfantin Bourdaloue, voulant montrer qu'il y a des états mauvais en eux-mêmes et dangereux pour le salut, citait comme exemple les publicains dont parle l'Évangile, u II faut bien dire que cet emploi, qui consistait à lever certains deniers publics, s'exerçait alors communément contre la conscience, » et le prédicateur ajoutait :
« Si donc il y avait de semblables professions dans le monde,... ce que je n'examine point et ce que j'aurais peine à penser ; si, dis-je, il y avait de ces états, où, selon reetime commune, il fût moralement impossible de se conserver et d*6tre