Id., ibid
4d0 LA PEINTURE MORALE
constate, devinrent «moins communs ^ » Mais, à dire vrai, le roi ne combattit jamais que mollement Thabitade da jeu. Il voyait avec une secrète complaisance tout ce qui amusait les courtisans, tçut ce qui garantissait leur assiduité. Il était sûr que des seigneurs passionnés pour le hoca, la bassette et le lansquenet, jusqu'à y risquer toos leurs biens, ne joueraient jamais ce jeu plus dangereox pour le trône, où ses ancêtres avaient plus d'une fois pensé perdre la partie. Lui-même d'ailleurs avait le goût du jen, « qu'il voulait gros et continuel ^. » Chose odieuse, et qui provoquait de la part du lieutenant de police, La Reynie, de respectueuses remontrances, pendant qu'on défendait à Paris, « sous peine de la vie % » certains jeux de hasard, à la cour, ils étaient non-seulement permis, mais imposés. Madame de Montespan « faisait des coups qui pouvaieot aller à un million; et quand on ne les tenait pas, elle grondait, et le roi aussi ^. » A Marly, à Versailles, on passait an jeu plusieurs heures par jour, parfois des journées et des nuits entières. Quand Bourdaloue représentait «un homme du monde qui fait du jeu sa plus commune et presque son unique occupation ;... qui regarde le jeu non point comme un divertissement passager,... mais conune un exercice réglé, comme un emploi, comme un état fixe et une condition ; qui donne au jeu les journées entières, les semaines, les mois, toute la vie (car il y en a de ce caractère, et vous en connaissez) : une femme qui se sent chargée d'ellemême jusqu'à ne pouvoir en quelque sorte se supporter, ni supporter personne, dès qu'une partie de jeu vient à lui manquer; qui n'a d'autre entretien que de son jeu, quida matin au soir n'a dans l'idée que son jeu ; qui, n'ayant pas, à l'entendre parler, assez de force pour soutenir quel* ques moments de réflexion sur les vérités du salut, trouve
1. Sur les Divertissements du monde, 2« partie, t. V» p. 8S5t